Jésus a confié à Pierre une autorité spécifique : « Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies§381 sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié » 1. Le « pouvoir des clefs » désigne l’autorité pour gouverner la maison de Dieu, qui est l’Église. Jésus, « le Bon Pasteur » 2 a confirmé cette charge après sa Résurrection : « Pais mes brebis » 3. Le pouvoir de « lier et délier » signifie l’autorité pour absoudre§1445 les péchés, prononcer des jugements doctrinaux et prendre des décisions disciplinaires dans l’Église. Jésus a confié cette autorité à l’Église par le ministère des apôtres 4 et particulièrement de Pierre, le seul à qui il a confié explicitement les§641§881 clefs du Royaume.
Autorité et pouvoir de délier et de remettre les péchés
8 paragraphes sélectionnés
553, 976, 1441, 1442, 1443, 1444, 1445, 1461
Le Symbole des apôtres lie la foi au pardon des péchés à la foi en l’Esprit Saint, mais aussi à la foi en l’Église et en la communion des saints. C’est en donnant l’Esprit Saint à ses apôtres que le Christ ressuscité leur a conféré son propre pouvoir divin de pardonner les péchés : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » 1.
Dieu seul pardonne les péchés 1. Parce que Jésus est le Fils de Dieu, il dit de lui-même§270§431 : « Le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre » 2 et il exerce ce pouvoir divin : « Tes§589 péchés sont pardonnés ! » 3. Plus encore : en vertu de sa divine autorité, il donne ce pouvoir aux hommes 4 pour qu’ils l’exercent en son nom.
Le Christ a voulu que son Église soit tout entière, dans sa prière, sa vie et son agir, le signe et l’instrument du pardon et de la réconciliation qu’Il nous a acquis au prix de son sang. Il a cependant confié§983 l’exercice du pouvoir d’absolution au ministère apostolique. Celui-ci est chargé du « ministère de la réconciliation » 1. L’apôtre est envoyé « au nom du Christ », et « c’est Dieu lui-même » qui, à travers lui, exhorte et supplie : « Laissez vous réconcilier avec Dieu » 2.
Durant sa vie publique, Jésus n’a pas seulement pardonné les péchés, il a aussi manifesté l’effet de ce pardon : il a réintégré les pécheurs pardonnés dans la communauté du peuple de Dieu d’où le péché les avait éloignés ou même exclus. Un signe éclatant en est le fait que Jésus§545 admet les pécheurs à sa table, plus encore, qu’il se met lui-même à leur table, geste qui exprime de façon bouleversante à la fois le pardon de Dieu 1 et le retour au sein du peuple de Dieu 2.
En donnant part aux apôtres de son propre pouvoir de pardonner les péchés, le Seigneur leur donne aussi l’autorité§981 de réconcilier les pécheurs avec l’Église. Cette dimension ecclésiale de leur tâche s’exprime notamment dans la parole solennelle du Christ à Simon Pierre : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux » 1. « Cette même charge de lier et de délier qui a été donnée à Pierre a été aussi donnée au collège des apôtres unis à leur chef 2 » a.
Les mots lier et délier§553 signifient : celui que vous exclurez de votre communion, celui-là sera exclu de la communion avec Dieu ; celui que vous recevez de nouveau dans votre communion, Dieu l’accueillera aussi dans la sienne. La réconciliation avec l’Église est inséparable de la réconciliation avec Dieu.
Puisque le Christ a confié à ses apôtres le ministère de la réconciliation 1, les évêques, leurs successeurs, et les presbytres§981, collaborateurs des évêques, continuent à exercer ce ministère. En effet, ce sont les évêques et les presbytres, qui ont, en vertu du sacrement de l’Ordre, le pouvoir de pardonner tous les péchés « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».
