Catéchisme

Signification de la mort de Jésus

7 paragraphes sélectionnés

571, 599, 601, 605, 613, 614, 624

Le mystère pascal de la Croix et de la Résurrection du Christ§1067 est au centre de la Bonne Nouvelle que les apôtres, et l’Église à leur suite, doivent annoncer au monde. Le dessein sauveur de Dieu s’est accompli « une fois pour toutes » 1 par la mort rédemptrice de son Fils Jésus-Christ.
La mort violente de Jésus n’a pas été le fruit du hasard dans un concours malheureux de circonstances. Elle appartient au mystère du dessein§517 de Dieu, comme saint Pierre l’explique aux Juifs de Jérusalem dès son premier discours de Pentecôte : « Il avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu » 1. Ce langage biblique ne signifie pas que ceux qui ont « livré Jésus » 2 n’ont été que les exécutants passifs d’un scénario écrit d’avance par Dieu.
Ce dessein divin de salut par la mise à mort du « Serviteur, le Juste » 1 avait été annoncé par avance dans l’Écriture comme un mystère de rédemption universelle, c’est-à-dire de rachat qui libère les hommes de l’esclavage du péché 2. Saint Paul professe, dans une confession de foi qu’il dit avoir « reçue » 3 que « le Christ est mort pour nos péchés selon§652 les Écritures » 4. La mort rédemptrice de Jésus accomplit en particulier la prophétie du Serviteur souffrant§713 5. Jésus lui-même a présenté le sens de sa vie et de sa mort à la lumière du Serviteur souffrant 6. Après sa Résurrection, il a donné cette interprétation des Écritures aux disciples d’Emmaüs 7, puis aux apôtres eux-mêmes 8.
Cet amour est sans exclusion Jésus l’a rappelé en conclusion de la parabole de la brebis perdue : « Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ses petits ne se perde » 1. Il affirme « donner sa vie en rançon pour la multitude » 2 ; ce dernier terme n’est pas restrictif : il oppose l’ensemble de l’humanité à l’unique personne du Rédempteur§402 qui se livre pour la sauver 3. L’Église, à la suite des apôtres 4, enseigne que le Christ est mort pour tous les hommes sans exception§634§2793 : « Il n’y a, il n’y a eu et il n’y aura aucun homme pour qui le Christ n’ait pas souffert » a.
La mort du Christ est à la fois le sacrifice Pascal qui accomplit la rédemption définitive des hommes 1 par l’Agneau§1366 qui porte le péché du monde 2 et le sacrifice de la Nouvelle Alliance 3 qui remet§2009 l’homme en communion avec Dieu 4 en le réconciliant avec Lui par le sang répandu pour la multitude en rémission des péchés 5.
Ce sacrifice du Christ est unique, il achève et dépasse tous les sacrifices 1. Il est d’abord un don de Dieu le Père lui§529§1330-même : c’est le Père qui livre son Fils pour nous réconcilier avec§2100 lui 2. Il est en même temps offrande du Fils de Dieu fait homme qui, librement et par amour 3, offre sa vie 4 à son Père par l’Esprit Saint 5, pour réparer notre désobéissance.
« Par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il a goûté la mort » 1. Dans son dessein de salut, Dieu a disposé que son Fils non seulement « mourrait pour nos péchés » 2 mais aussi qu’il « goûterait la mort », c’est-à-dire connaîtrait l’état§1005§362 de mort, l’état de séparation entre son âme et son corps, durant le temps compris entre le moment où il a expiré sur la croix et le moment où il est ressuscité. Cet état du Christ mort est le mystère du sépulcre et de la descente aux enfers. C’est le mystère du Samedi Saint où le Christ déposé au tombeau 3 manifeste le grand repos sabbatique de Dieu§349 4 après l’accomplissement 5 du salut des hommes qui met en paix l’univers entier 6.