Dès les débuts du ministère public de Jésus§591, des Pharisiens et des partisans d’Hérode, avec des prêtres et des scribes§530, se sont mis d’accord pour le perdre 1. Par certains de ses actes 2 Jésus a semblé à certains, mal intentionnés, suspect de possession 3. On l’accuse de blasphème 4 et de faux prophétisme 5, crimes religieux que la Loi châtiait par la peine de mort sous forme de lapidation 6.
Divergence entre le Christ et les pharisiens
5 paragraphes sélectionnés
574, 581, 588, 596, 2285
Jésus est apparu aux yeux des Juifs et de leurs chefs spirituels comme un « rabbi » 1. Il a souvent argumenté dans le cadre de l’interprétation rabbinique de la Loi 2. Mais en même temps, Jésus ne pouvait que heurter les docteurs de la Loi car il ne se contentait pas de proposer son interprétation parmi les leurs§2054, « il enseignait comme quelqu’un qui a autorité et non pas comme les scribes » 3. En lui, c’est la même Parole de Dieu qui avait retenti au Sinaï pour donner à Moïse la Loi écrite qui se fait entendre de nouveau sur la Montagne des Béatitudes 4. Elle n’abolit pas la Loi mais l’accomplit en fournissant de manière divine son interprétation ultime : « Vous avez appris qu’il a été dit aux ancêtres [...] moi je vous dis » 5. Avec cette même autorité divine, il désavoue certaines « traditions humaines » 6 des Pharisiens qui « annulent la Parole de Dieu » 7.
Jésus a scandalisé les Pharisiens en mangeant avec les publicains et les pécheurs 1 aussi familièrement qu’avec eux-mêmes 2. Contre ceux d’entre eux « qui se flattaient d’être des justes et n’avaient que mépris pour les autres » 3, Jésus a affirmé : « Je ne suis pas venu appeler§545 les justes, mais les pécheurs au repentir » 4. Il est allé plus loin en proclamant face aux Pharisiens que, le péché étant universel 5, ceux qui prétendent ne pas avoir besoin de salut s’aveuglent sur eux-mêmes 6.
Les autorités religieuses de Jérusalem n’ont pas été unanimes dans la conduite à tenir vis-à-vis de Jésus 1. Les pharisiens ont menacé d’excommunication ceux qui le suivraient 2. À ceux qui craignaient que « tous croient en Jésus et que les Romains viennent détruire notre Lieu Saint et notre nation » 3, le grand prêtre Caïphe proposa en prophétisant : « Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure§1753 pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière » 4. Le Sanhédrin, ayant déclaré Jésus « passible de mort » 5 en tant que blasphémateur, mais ayant perdu le droit de mise à mort 6, livre Jésus aux Romains en l’accusant de révolte politique 7 ce qui mettra celui-ci en parallèle avec Barrabas accusé de « sédition » 8. Ce sont aussi des menaces politiques que les grands prêtres exercent sur Pilate pour qu’il condamne Jésus à mort 9.
Le scandale revêt une gravité particulière en vertu de l’autorité de ceux qui le causent ou de la faiblesse de ceux qui le subissent. Il a inspiré§1903 à notre Seigneur cette malédiction : « Qui scandalise un de ces petits, il vaudrait mieux pour lui qu’on l’ait précipité dans la mer avec une pierre au cou ! » 1. Le scandale est grave lorsqu’il est porté par ceux qui, par nature ou par fonction, sont tenus d’enseigner et d’éduquer les autres. Jésus en fait le reproche aux scribes et aux pharisiens : Il les compare à des loups déguisés en agneaux 2.
