Bien des actes et des paroles de Jésus ont donc été un « signe de contradiction » 1 pour les autorités religieuses de Jérusalem, celles que l’Évangile de saint Jean appelle souvent « les Juifs » 2, plus encore que pour le commun du Peuple de Dieu 3. Certes, ses rapports avec les Pharisiens ne furent pas uniquement polémiques. Ce sont des Pharisiens qui le préviennent du danger qu’il court 4. Jésus loue certains d’entre eux comme le scribe de Mc 12, 34 et il mange à plusieurs reprises chez des Pharisiens 5. Jésus confirme des doctrines partagées par cette élite religieuse du Peuple de Dieu : la résurrection§993 des morts 6, les formes de piété 7 et l’habitude de s’adresser à Dieu comme Père, le caractère central du commandement de l’amour de Dieu et du prochain 8.
Autorités religieuses de Jérusalem et Jésus
6 paragraphes sélectionnés
575, 587, 589, 591, 595, 596
Jésus a surtout scandalisé parce qu’Il a identifié sa conduite miséricordieuse envers les pécheurs avec l’attitude de Dieu Lui-même à leur égard 1. Il est allé jusqu’à laisser entendre qu’en partageant la table des pécheurs 2, Il les admettait au banquet messianique 3. Mais c’est tout particulièrement en pardonnant les péchés que Jésus a mis les autorités religieuses d’Israël devant un dilemme. Ne diraient-elles pas avec justesse dans§431§1441 leur effroi : « Dieu seul peut pardonner les péchés » 4 ? En pardonnant les péchés, ou bien Jésus blasphème car c’est un homme qui se fait l’égal de Dieu 5, ou bien Il dit vrai et sa personne rend présent et révèle le nom§432 de Dieu 6.
Jésus a demandé aux autorités religieuses de Jérusalem de croire en Lui à cause des œuvres de son Père qu’Il accomplit 1. Mais un tel acte de foi devait passer par une mystérieuse mort à soi§526-même pour une nouvelle « naissance d’en haut » 2 dans l’attirance de la grâce divine 3. Une telle exigence de conversion face à un accomplissement si surprenant des promesses 4 permet de comprendre la tragique méprise du Sanhédrin estimant que Jésus§574 méritait la mort comme blasphémateur 5. Ses membres agissaient ainsi à la fois par ignorance 6 et par l’endurcissement 7 de l’incrédulité 8.
Parmi les autorités religieuses de Jérusalem, non seulement il s’est trouvé le pharisien Nicodème 1 ou le notable Joseph d’Arimathie pour être en secret disciples de Jésus 2, mais il s’est produit pendant longtemps des dissensions au sujet de Celui-ci 3 au point qu’à la veille même de sa passion, saint Jean peut dire d’eux qu’« un bon nombre crut en lui », quoique d’une manière très imparfaite 4. Cela n’a rien d’étonnant si l’on tient compte qu’au lendemain de la Pentecôte « une multitude de prêtres obéissait à la foi » 5 et que « certains du parti des Pharisiens étaient devenus croyants » 6 au point que saint Jacques peut dire à saint Paul que « plusieurs milliers de Juifs ont embrassé la foi et ce sont tous d’ardents partisans de la Loi » 7.
Les autorités religieuses de Jérusalem n’ont pas été unanimes dans la conduite à tenir vis-à-vis de Jésus 1. Les pharisiens ont menacé d’excommunication ceux qui le suivraient 2. À ceux qui craignaient que « tous croient en Jésus et que les Romains viennent détruire notre Lieu Saint et notre nation » 3, le grand prêtre Caïphe proposa en prophétisant : « Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure§1753 pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière » 4. Le Sanhédrin, ayant déclaré Jésus « passible de mort » 5 en tant que blasphémateur, mais ayant perdu le droit de mise à mort 6, livre Jésus aux Romains en l’accusant de révolte politique 7 ce qui mettra celui-ci en parallèle avec Barrabas accusé de « sédition » 8. Ce sont aussi des menaces politiques que les grands prêtres exercent sur Pilate pour qu’il condamne Jésus à mort 9.
