Jésus est apparu aux yeux des Juifs et de leurs chefs spirituels comme un « rabbi » 1. Il a souvent argumenté dans le cadre de l’interprétation rabbinique de la Loi 2. Mais en même temps, Jésus ne pouvait que heurter les docteurs de la Loi car il ne se contentait pas de proposer son interprétation parmi les leurs§2054, « il enseignait comme quelqu’un qui a autorité et non pas comme les scribes » 3. En lui, c’est la même Parole de Dieu qui avait retenti au Sinaï pour donner à Moïse la Loi écrite qui se fait entendre de nouveau sur la Montagne des Béatitudes 4. Elle n’abolit pas la Loi mais l’accomplit en fournissant de manière divine son interprétation ultime : « Vous avez appris qu’il a été dit aux ancêtres [...] moi je vous dis » 5. Avec cette même autorité divine, il désavoue certaines « traditions humaines » 6 des Pharisiens qui « annulent la Parole de Dieu » 7.
9 paragraphes sélectionnés
581, 582, 651, 668, 669, 1063, 1441, 1673, 2173
Allant plus loin, Jésus accomplit la Loi sur la pureté des aliments, si importante dans la vie quotidienne juive, en dévoilant son sens « pédagogique » 1 par une interprétation divine : « Rien de ce qui pénètre du dehors dans l’homme ne peut le souiller [...] – ainsi il déclarait purs tous les aliments. Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui souille l’homme. Car c’est du dedans, du cœur des hommes que sortent§368 les desseins pervers » 2. En délivrant avec autorité divine l’interprétation définitive de la Loi, Jésus s’est trouvé affronté à certains docteurs de la Loi qui ne recevaient pas son interprétation de la Loi garantie pourtant par les signes divins qui l’accompagnaient 3. Ceci vaut§548 particulièrement pour la question du sabbat : Jésus rappelle, souvent avec des arguments§2173 rabbiniques 4, que le repos du sabbat n’est pas troublé par le service de Dieu 5 ou du prochain 6 qu’accomplissent ses guérisons.
« Si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine et vaine aussi notre foi » 1. La Résurrection constitue avant tout la confirmation de tout ce que le Christ lui-même a fait et enseigné. Toutes les vérités, même les plus inaccessibles à l’esprit humain, trouvent§129 leur justification si en ressuscitant le Christ a donné la preuve définitive qu’il avait promise§274, de son autorité divine.
« Le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants » 1. L’Ascension du Christ au Ciel signifie sa participation, dans son humanité, à la puissance et à l’autorité de Dieu lui-même. Jésus-Christ est Seigneur : il possède tout pouvoir§450 dans les cieux et sur la terre. Il est « au-dessus de toute autorité, pouvoir, puissance et souveraineté », car le Père « a tout mis sous ses pieds » 2. Le Christ est le Seigneur du cosmos 3 et de l’histoire. En lui, l’histoire de l’homme et même toute la création trouvent leur « récapitulation » 4, leur achèvement transcendant§518.
Comme Seigneur, le Christ est aussi la tête de l’Église qui est son Corps 1. Élevé au ciel et glorifié, ayant ainsi accompli§792§1088 pleinement sa mission, il demeure sur la terre dans son Église. La Rédemption est la source de l’autorité que le Christ, en vertu de l’Esprit Saint§541, exerce sur l’Église 2. « Le règne du Christ est déjà mystérieusement présent dans l’Église », « germe et commencement de ce Royaume sur la terre » a3.
Dans le prophète Isaïe on trouve l’expression « Dieu§156 de vérité§215 », littéralement « Dieu de l’Amen », c’est-à-dire le Dieu fidèle à ses promesses : « Quiconque voudra être béni sur terre voudra être béni par le Dieu de l’Amen » 1. Notre Seigneur emploie souvent le terme « Amen » 2, parfois sous forme redoublée 3, pour souligner la fiabilité de son enseignement, son Autorité fondée sur la Vérité de Dieu.
Dieu seul pardonne les péchés 1. Parce que Jésus est le Fils de Dieu, il dit de lui-même§270§431 : « Le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre » 2 et il exerce ce pouvoir divin : « Tes§589 péchés sont pardonnés ! » 3. Plus encore : en vertu de sa divine autorité, il donne ce pouvoir aux hommes 4 pour qu’ils l’exercent en son nom.
Quand l’Église demande publiquement et avec autorité, au nom de Jésus-Christ, qu’une personne ou un objet soit protégé contre§395 l’emprise du Malin et soustrait à son empire, on parle d’exorcisme. Jésus l’a pratiqué 1, c’est de lui que l’Église tient le pouvoir et la charge d’exorciser 2. Sous une forme simple, l’exorcisme§550 est pratiqué lors de la célébration du Baptême. L’exorcisme solennel, appelé « grand§1237 exorcisme », ne peut être pratiqué que par un prêtre et avec la permission de l’évêque. Il faut y procéder avec prudence, en observant strictement les règles établies par l’Église. L’exorcisme vise à expulser les démons ou à libérer de l’emprise démoniaque et cela par l’autorité spirituelle que Jésus a confié à son Église. Très différent est le cas des maladies, surtout psychiques, dont le soin relève de la science médicale. Il est important, donc, de s’assurer, avant de célébrer l’exorcisme, qu’il s’agit d’une présence du Malin, et non pas d’une maladie. a.
L’Évangile rapporte de nombreux incidents où Jésus est accusé de violer la loi du sabbat§582. Mais jamais Jésus ne manque à la sainteté de ce jour 1. Il en donne avec autorité l’interprétation authentique : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat » 2. Avec compassion, le Christ s’autorise « le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que le mal, de sauver une vie plutôt que de la tuer » 3. Le sabbat est le jour du Seigneur des miséricordes et de l’honneur de Dieu 4. « Le Fils de l’Homme est maître du sabbat » 5.
