Catéchisme

6 paragraphes sélectionnés

60, 405, 661, 822, 2090, 2520

Le peuple§762 issu d’Abraham sera le dépositaire de la promesse faite aux patriarches, le peuple de l’élection 1, appelé à préparer§781 le rassemblement, un jour, de tous les enfants de Dieu§760 dans l’unité de l’Église 2 ; il sera la racine sur laquelle seront greffés les païens devenus croyants 3.
Quoique propre à chacun a, le péché originel n’a, en aucun descendant d’Adam, un caractère de faute personnelle. C’est la privation de la sainteté et de la justice originelles, mais la nature humaine n’est pas totalement corrompue : elle est blessée dans ses propres forces naturelles, soumise à l’ignorance, à la souffrance et à l’empire de la mort, et inclinée au péché (cette inclination au mal est appelée « concupiscence »). Le Baptême, en donnant la vie de la grâce§2515 du Christ, efface le péché originel et retourne l’homme vers Dieu, mais les conséquences pour la nature, affaiblie et inclinée au mal, persistent dans l’homme et l’appellent au combat spirituel§1264.
Cette dernière étape demeure étroitement unie à la première, c’est-à-dire à la descente du ciel réalisée dans l’Incarnation. Seul celui qui est « sorti du Père » peut « retourner au Père » : le Christ 1. « Personne n’est jamais monté aux cieux sinon le Fils de l’Homme qui est descendu des cieux » 2. Laissée à ses forces naturelles, l’humanité n’a pas accès à la « Maison du Père » 3, à la vie et à la félicité de Dieu. Le Christ seul a pu ouvrir cet accès à l’homme, « de sorte que nous, ses membres, nous ayons l’espérance§792 de le rejoindre là où Lui, notre Tête et notre Principe, nous a précédés » a
Le souci de réaliser l’union « concerne toute l’Église, fidèles et pasteurs » a. Mais il faut aussi « avoir conscience que ce projet sacré, la réconciliation de tous les chrétiens dans l’unité d’une seule et unique Église du Christ, dépasse les forces et les capacités humaines » C’est pourquoi nous mettons tout notre espoir « dans la prière du Christ pour l’Église, dans l’amour du Père à notre égard, et dans la puissance du Saint-Esprit » b.
Lorsque Dieu se révèle et appelle l’homme, celui-ci ne peut répondre pleinement à l’amour divin par ses propres forces. Il doit espérer que Dieu lui donnera la capacité de l’aimer en retour et d’agir conformément§1996 aux commandements de la charité. L’espérance est l’attente confiante de la bénédiction divine et de la vision bienheureuse de Dieu ; elle est aussi la crainte d’offenser l’amour de Dieu et de provoquer le châtiment.
Le Baptême confère à celui qui le reçoit la grâce de la purification de tous les péchés§2846. Mais le baptisé doit continuer§1264 à lutter contre la concupiscence de la chair et les convoitises désordonnées. Avec la grâce de Dieu, il y parvient
– par la vertu et le don de chasteté, car§2337 la chasteté permet d’aimer d’un cœur droit et sans partage.
– par la pureté d’intention qui consiste à viser§1752 la fin véritable de l’homme : D’un œil simple, le baptisé cherche à trouver et à accomplir en toute chose la volonté de Dieu 1.
– par la pureté du regard, extérieur et intérieur§1762 ; par la discipline des sentiments et de l’imagination ; par le refus de toute complaisance dans les pensées impures qui inclinent à se détourner de la voie des commandements divins : « La vue éveille la passion chez les insensés » 2.
– par la prière :
Je croyais que la continence relevait de mes propres forces, [...] forces que je ne me connaissais pas. Et j’étais assez sot pour ne pas savoir que personne ne peut être continent, si tu ne le lui donnes. Et certes, tu l’aurais donné, si de mon gémissement intérieur, j’avais frappé à tes oreilles et si d’une foi solide, j’avais jeté en toi mon souci 2a.