À Dieu tous les moments du temps sont présents dans leur actualité. Il établit donc son dessein éternel de « prédestination » en y incluant la réponse libre de chaque homme à sa grâce : « Oui, vraiment, ils se sont rassemblés dans cette ville contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate avec les nations païennes et les peuples d’Israël 1, de telle sorte qu’ils ont accompli tout ce que, dans ta puissance et ta sagesse, tu avais prédestiné » 2. Dieu a permis les actes issus de leur aveuglement§312 3 en vue d’accomplir son dessein de salut 4.
4 paragraphes sélectionnés
600, 601, 602, 617
Ce dessein divin de salut par la mise à mort du « Serviteur, le Juste » 1 avait été annoncé par avance dans l’Écriture comme un mystère de rédemption universelle, c’est-à-dire de rachat qui libère les hommes de l’esclavage du péché 2. Saint Paul professe, dans une confession de foi qu’il dit avoir « reçue » 3 que « le Christ est mort pour nos péchés selon§652 les Écritures » 4. La mort rédemptrice de Jésus accomplit en particulier la prophétie du Serviteur souffrant§713 5. Jésus lui-même a présenté le sens de sa vie et de sa mort à la lumière du Serviteur souffrant 6. Après sa Résurrection, il a donné cette interprétation des Écritures aux disciples d’Emmaüs 7, puis aux apôtres eux-mêmes 8.
Saint Pierre peut en conséquence formuler ainsi la foi apostolique dans le dessein divin de salut : « Vous avez été affranchis de la vaine conduite héritée de vos pères par un sang précieux, comme d’un agneau sans reproche et sans tache, le Christ, discerné avant la fondation du monde et manifesté dans les derniers temps à cause de vous » 1. Les péchés des hommes, consécutifs au péché originel, sont sanctionnés par la mort 2. En envoyant§400 son propre Fils dans la condition d’esclave 3, celle d’une humanité déchue et vouée à la mort à cause du péché 4, « Dieu l’a fait péché pour nous§519, lui qui n’avait pas connu le péché, afin qu’en lui nous devenions justice pour Dieu » 5.
« Par sa sainte passion, sur le bois de la Croix, Il nous a mérité la justification » enseigne le Concile de Trente§1992 a : soulignant le caractère unique du sacrifice du Christ comme « principe de salut éternel§1235 » 1. Et l’Église vénère la Croix en chantant : « Salut, O Croix, notre unique espérance » (Hymne « Vexilla Regis »).
