Catéchisme

Calice de l’Alliance nouvelle et eucharistie

7 paragraphes sélectionnés

612, 1334, 1335, 1339, 1365, 1396, 1412

La coupe de la Nouvelle Alliance, que Jésus a anticipée à la Cène en s’offrant lui-même 1, il l’accepte ensuite des mains du Père dans son agonie à Gethsémani 2 en se faisant « obéissant jusqu’à la mort » 3. Jésus§532§2600 prie : « Mon Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi... » 4. Il exprime ainsi l’horreur que représente la mort pour sa nature humaine. En effet celle-ci, comme la nôtre, est destinée à la vie éternelle ; en plus, à la différence de la nôtre, elle est parfaitement exempte du péché 5 qui cause la mort 6 ; mais surtout elle est assumée par la personne divine du « Prince de la Vie » 7, du « Vivant » 8. En acceptant dans sa volonté humaine que la volonté du Père soit faite 9, il accepte sa mort§1009 en tant que rédemptrice pour « porter lui-même nos fautes dans son corps sur le bois » 10.
Dans l’Ancienne Alliance, le pain et le vin sont offerts en sacrifice parmi les prémices de la terre, en signe de reconnaissance au Créateur. Mais§1150 ils reçoivent aussi une nouvelle signification dans le contexte§1363 de l’Exode : Les pains azymes qu’Israël mange chaque année à la Pâque, commémorent la hâte du départ libérateur d’Égypte ; le souvenir de la manne du désert rappellera toujours à Israël qu’il vit du pain de la Parole de Dieu 1. Enfin, le pain de tous les jours est le fruit de la Terre promise, gage de la fidélité de Dieu à ses promesses. La « coupe de bénédiction » 2, à la fin du repas pascal des juifs, ajoute à la joie festive du vin une dimension eschatologique, celle de l’attente messianique du rétablissement de Jérusalem. Jésus a institué son Eucharistie en donnant un sens nouveau et définitif à la bénédiction du pain et de la coupe.
Les miracles de la multiplication des pains, lorsque le Seigneur§1151 dit la bénédiction, rompit et distribua les pains par ses disciples pour nourrir la multitude, préfigurent la surabondance de cet unique pain de son Eucharistie 1. Le signe de l’eau changé en vin à Cana 2 annonce déjà l’Heure de la glorification de Jésus. Il manifeste l’accomplissement du repas des noces dans le Royaume du Père, où les fidèles boiront le vin nouveau 3 devenu le Sang du Christ.
Jésus a choisi le temps§1169 de la Pâque pour accomplir ce qu’il avait annoncé à Capharnaüm : donner à ses disciples son Corps et son Sang :
Vint le jour des Azymes, où l’on devait immoler la pâque. [Jésus] envoya alors Pierre et Jean : ‘Allez dit-il, nous préparer la Pâque, que nous la mangions’... Ils s’en allèrent donc [...] et préparèrent la Pâque. L’heure venue, il se mit à table avec ses apôtres et leur dit : ‘J’ai désiré avec ardeur manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; car je vous le dis, je ne la mangerai jamais plus jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu’ [...] Puis, prenant du pain et rendant grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : ‘Ceci est mon Corps, qui va être donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi’. Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : ‘Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon Sang, qui va être versé pour vous’ 1234.
Parce qu’elle est mémorial de la Pâque du Christ, l’Eucharistie est aussi un sacrifice. Le caractère sacrificiel de l’Eucharistie est manifesté§2100 dans les paroles mêmes de l’institution : « Ceci est mon Corps qui va être donné pour vous » et « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon Sang, qui va être versé pour vous » 1. Dans l’Eucharistie le Christ donne§1846 ce corps même qu’il a livré pour nous sur la croix, le sang même qu’il a « répandu pour une multitude en rémission des péchés » 2.
L’unité du Corps mystique : l’Eucharistie fait l’Église. Ceux qui reçoivent l’Eucharistie sont unis plus étroitement au Christ§1118. Par là même, le Christ les unit à tous les fidèles en un seul corps : l’Église. La communion renouvelle, fortifie, approfondit cette incorporation à l’Église déjà réalisée§1267 par le Baptême. Dans le Baptême nous avons été appelés à ne faire qu’un seul corps 1. L’Eucharistie réalise cet appel : « La coupe de bénédiction que nous bénissons n’§1064est-elle pas communion au Sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au Corps du Christ ? Puisqu’il n’y a qu’un pain, à nous tous nous ne formons qu’un corps, car tous nous avons part§790 à ce pain unique » 2 :
Si vous êtes le corps du Christ et ses membres, c’est votre sacrement qui est placé sur la table du Seigneur, vous recevez votre sacrement. Vous répondez « Amen » a à ce que vous recevez, et vous y souscrivez en répondant. Tu entends ce mot : « le Corps du Christ » et tu réponds : « Amen ». Sois donc un membre du Christ pour que soit vrai ton Amen .
Les signes essentiels du sacrement eucharistique sont le pain de blé et le vin du vignoble, sur lesquels est invoquée la bénédiction de l’Esprit Saint et le prêtre prononce les paroles de la consécration dites par Jésus pendant la dernière cène : « Ceci est mon corps livré pour vous [...] Ceci est la coupe de mon sang. »