Marie de Magdala et les saintes femmes, qui venaient achever d’embaumer le corps de Jésus 1 enseveli à la hâte à cause de l’arrivée du Sabbat le soir du Vendredi Saint 2, ont été les premières à rencontrer le Ressuscité 3. Ainsi les femmes furent les premières messagères de la Résurrection du Christ pour les apôtres eux-mêmes 4. C’est à eux que Jésus apparaît ensuite, d’abord à Pierre, puis aux Douze 5. Pierre, appelé à confirmer la foi de ses§553 frères 6, voit donc le Ressuscité avant eux et c’est sur son témoignage que la communauté s’écrie : « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité et il est apparu§448 à Simon » 7.
5 paragraphes sélectionnés
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Tout ce qui est arrivé dans ces journées Pascales engage chacun des apôtres – et Pierre tout particulièrement – dans la construction de l’ère nouvelle qui a débuté au matin de Pâques. Comme témoins du Ressuscité ils demeurent les pierres de fondation de son Église. La foi§659§881 de la première communauté des croyants est fondée sur le témoignage d’hommes concrets, connus des chrétiens et, pour la plupart, vivant encore parmi eux§860. Ces « témoins de la Résurrection du Christ » 1 sont avant tout Pierre et les Douze, mais pas seulement eux : Paul parle clairement de plus de cinq cents personnes auxquelles Jésus est apparu en une seule fois, en plus de Jacques et de tous les apôtres 2.
Même mis devant la réalité de Jésus ressuscité, les disciples doutent encore 1, tellement la chose leur paraît impossible : ils croient voir un esprit 2. « Dans leur joie ils ne croient pas encore et demeurent saisis d’étonnement » 3. Thomas connaîtra la même épreuve du doute 4 et, lors de la dernière apparition en Galilée rapportée par Matthieu, « certains cependant doutèrent » 5. C’est pourquoi l’hypothèse selon laquelle la résurrection aurait été un « produit » de la foi (ou de la crédulité) des apôtres est sans consistance. Bien au contraire, leur foi dans la Résurrection est née – sous l’action de la grâce divine – de l’expérience directe de la réalité de Jésus ressuscité.
Jésus ressuscité établit avec ses disciples des rapports directs, à travers le toucher 1 et le partage du repas 2. Il les invite par là à reconnaître qu’il n’est pas un esprit 3 mais surtout à constater que le corps ressuscité§999 avec lequel il se présente à eux est le même qui a été martyrisé et crucifié puisqu’il porte encore les traces de sa passion 4. Ce corps authentique et réel possède pourtant en même temps les propriétés nouvelles d’un corps glorieux : il n’est plus situé dans l’espace et le temps, mais peut se rendre présent à sa guise où et quand il veut 5 car son humanité ne peut plus être retenue sur terre et n’appartient plus qu’au domaine divin du Père 6. Pour cette raison aussi Jésus ressuscité est souverainement libre d’apparaître comme il veut : sous l’apparence d’un jardinier 7 ou « sous d’autres traits » 8 que ceux qui étaient familiers aux disciples, et cela pour susciter leur foi 9.
« O nuit, chante l’‘Exsultet’ de Pâques, toi seule as pu connaître le moment où le Christ est sorti vivant du séjour des morts » a. En effet, personne n’a été le témoin oculaire de l’événement même de la Résurrection et aucun évangéliste ne le décrit. Personne n’a pu dire comment elle§1000 s’était faite physiquement. Moins encore son essence la plus intime, le passage à une autre vie, fut perceptible aux sens. Événement historique constatable par le signe du tombeau vide et par la réalité des rencontres des apôtres avec le Christ ressuscité, la Résurrection n’en demeure pas moins, en ce qu’elle transcende et dépasse l’histoire, au cœur du mystère de la foi. C’est pourquoi le Christ ressuscité ne se manifeste pas au monde 1 mais à ses disciples, « à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, ceux-là mêmes qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple » 2.
