Devant ces témoignages il est impossible d’interpréter la Résurrection du Christ en dehors de l’ordre physique, et de ne pas la reconnaître comme un fait historique. Il résulte des faits que la foi des disciples a été soumise à l’épreuve radicale de la passion et de la mort en croix de leur maître annoncée par celui-ci à l’avance 1. La secousse provoquée par la passion fut si grande que les disciples (tout au moins certains d’entre eux) ne crurent pas aussitôt à la nouvelle de la résurrection. Loin de nous montrer une communauté saisie par une exaltation mystique, les Évangiles nous présentent les disciples abattus 2 et effrayés 3. C’est pourquoi ils n’ont pas cru les saintes femmes de retour du tombeau et « leurs propos leur ont semblé du radotage » 4. Quand Jésus se manifeste aux onze au soir de Pâques, « il leur reproche leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l’avaient vu ressuscité » 5.
Conséquences de la dureté de cœur
5 paragraphes sélectionnés
643, 1610, 1614, 1859, 2840
La conscience morale concernant l’unité et l’indissolubilité du mariage s’est développée sous la pédagogie de la Loi ancienne. La polygamie§1963§2387 des patriarches et des rois n’est pas encore explicitement critiquée. Cependant, la Loi donnée à Moïse vise à protéger la femme contre l’arbitraire d’une domination par l’homme, même si elle porte aussi, selon la parole du Seigneur, les traces de « la dureté du cœur » de l’homme en raison de laquelle Moïse a permis la répudiation de la femme 1.
Dans sa prédication, Jésus a enseigné sans équivoque le sens originel de l’union de l’homme et de la femme, telle que le Créateur§2336 l’a voulue au commencement : la permission, donnée par Moïse, de répudier§2382 sa femme, était une concession à la dureté du cœur 1 ; l’union matrimoniale de l’homme et de la femme est indissoluble : Dieu lui-même l’a conclue : « Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni » 2.
Le péché mortel requiert pleine connaissance et entier consentement. Il présuppose la connaissance du caractère peccamineux de l’acte, de son§1734 opposition à la Loi de Dieu. Il implique aussi un consentement suffisamment délibéré pour être un choix personnel. L’ignorance affectée et l’endurcissement du cœur 1 ne diminuent pas, mais augmentent le caractère volontaire du péché.
Or, et c’est redoutable, ce flot de miséricorde ne peut pénétrer notre cœur tant que nous n’avons pas pardonné à ceux qui nous ont offensés. L’Amour, comme le Corps du Christ, est indivisible : nous ne pouvons pas aimer le Dieu que nous ne voyons pas si nous n’aimons pas le frère, la sœur, que nous voyons 1. Dans le refus de pardonner à nos frères et sœurs, notre cœur se referme, sa dureté le rend imperméable à l’amour miséricordieux du Père ; dans§1864 la confession de notre péché, notre cœur est ouvert à sa grâce.
