Catéchisme

L’Esprit du Fils de Dieu crie dans nos cœurs : « Abba Père »

5 paragraphes sélectionnés

683, 742, 1303, 2766, 2777

« Nul ne peut appeler Jésus Seigneur§2670§249 sinon dans l’Esprit Saint » 1. « Dieu§424§152 a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père ! » 2. Cette connaissance de foi n’est possible que dans l’Esprit Saint. Pour être en contact avec le Christ, il faut d’abord avoir été touché par l’Esprit Saint. C’est lui qui vient au devant de nous, et suscite en nous la foi. De par notre Baptême, premier sacrement de la foi, la Vie, qui a sa source dans le Père et nous est offerte dans le Fils, nous est communiquée intimement et personnellement par l’Esprit Saint dans l’Église :
Le Baptême nous accorde la grâce de la nouvelle naissance en Dieu le Père par le moyen de son Fils dans l’Esprit Saint. Car ceux qui portent l’Esprit de Dieu sont conduits au Verbe, c’est-à-dire au Fils ; mais le Fils les présente au Père, et le Père leur procure l’incorruptibilité. Donc, sans l’Esprit, il n’est pas possible de voir le Fils de Dieu, et, sans le Fils, personne ne peut approcher du Père, car la connaissance du Père, c’est le Fils, et la connaissance du Fils de Dieu se fait par l’Esprit Saint a.
« La preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père » 1.
De ce fait, la Confirmation apporte croissance et approfondissement de la grâce baptismale :
– elle nous enracine plus profondément dans la filiation divine qui nous fait dire « Abba, Père » 1 ;
– elle nous unit plus fermement au Christ ;
– elle augmente en nous les dons de l’Esprit Saint§1262-1274 ;
– elle rend notre lien avec l’Église plus parfait a ;
– elle nous accorde une force spéciale de l’Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ, pour confesser vaillamment le nom du Christ et pour ne jamais§2044 éprouver de la honte à l’égard de la croix bc2 :
Rappelle donc que tu as reçu le signe spirituel, l’Esprit de sagesse et d’intelligence, l’Esprit de conseil et de force, l’Esprit de connaissance et de piété, l’Esprit de la sainte crainte, et garde ce que tu as reçu. Dieu le Père t’a marqué de son signe, le Christ Seigneur t’a confirmé et il a mis en ton cœur le gage de l’Esprit d.
Mais Jésus ne nous laisse pas une formule à répéter machinalement 1. Comme pour toute prière vocale, c’est par la Parole de Dieu que l’Esprit Saint apprend aux enfants de Dieu à prier leur Père. Jésus nous donne non seulement les paroles de notre prière filiale, il nous donne en même temps l’Esprit par qui elles deviennent en nous « esprit et vie » 2. Plus encore : la preuve et la possibilité de notre prière filiale c’est que le Père « a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : ‘Abba, Père !’ » 3. Puisque notre prière interprète nos désirs auprès de Dieu, c’est encore « Celui qui sonde les cœurs », le Père, qui « sait le désir de l’Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu » 4. La prière à Notre Père s’insère dans la mission mystérieuse du Fils§690 et de l’Esprit.
Dans la liturgie romaine, l’assemblée eucharistique est invitée à prier Notre Père§270 avec une audace filiale ; les liturgies orientales utilisent et développent des expressions analogues : « Oser en toute assurance », « Rends-nous dignes de ». Devant le Buisson ardent, il fut dit à Moïse : « N’approche pas. Ote tes sandales » 1. Ce seuil de la Sainteté divine, Jésus seul pouvait le franchir, lui qui, « ayant accompli la purification des péchés » 2, nous introduit devant la Face du Père : « Nous voici, moi et mes enfants que tu m’as donnés » 3 :
La conscience que nous avons de notre situation d’esclaves nous ferait rentrer sous terre, notre condition terrestre se fondrait en poussière, si l’autorité de notre Père lui-même et l’Esprit de son Fils ne nous poussaient à proférer ce cri : ‘Abba, Père !’ 4 [...] Quand la faiblesse d’un mortel oserait-elle appeler Dieu son Père, sinon seulement lorsque l’intime de l’homme est animé par la Puissance d’en haut ? a.