Catéchisme

9 paragraphes sélectionnés

741, 2625, 2630, 2650, 2670, 2681, 2711, 2726, 2766

« L’Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons que demander pour prier comme il faut ; mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables » 1. L’Esprit Saint, artisan des œuvres de Dieu, est le Maître de la prière (ce sera l’objet de la quatrième partie du Catéchisme).
Ces prières sont d’abord celles que les fidèles écoutent et lisent dans les Écritures, mais ils les actualisent, celles des Psaumes en particulier, à partir de leur accomplissement dans le Christ 1. L’Esprit Saint§1092, qui rappelle ainsi le Christ à son Église orante, la conduit aussi vers la Vérité tout entière et suscite des formulations nouvelles qui exprimeront l’insondable Mystère du Christ à l’œuvre dans la vie, les sacrements et la mission de son Église. Ces formulations se développeront dans les grandes traditions liturgiques§1200 et spirituelles. Les formes de la prière, telles que les révèlent les Écritures apostoliques canoniques, resteront normatives de la prière chrétienne.
Le Nouveau Testament ne contient guère de prières de lamentation, fréquentes dans l’Ancien Testament. Désormais dans le Christ ressuscité la demande de l’Église est portée par l’espérance, même si nous sommes encore dans§2090 l’attente et que nous ayons chaque jour à nous convertir. C’est d’une autre profondeur que jaillit la demande chrétienne, celle que s. Paul appelle le gémissement : celui de la création « en travail d’enfantement » 1, le nôtre aussi « dans l’attente de la rédemption de notre corps, car notre salut est objet d’espérance » 2, enfin « les gémissements ineffables » de l’Esprit Saint lui-même qui « vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons que demander pour prier comme il faut » 3.
La prière ne se réduit pas au jaillissement spontané d’une impulsion intérieure : pour prier, il faut le vouloir. Il ne suffit pas non plus de savoir ce que les Écritures révèlent sur la prière : il faut aussi apprendre à prier. Or, c’est par une transmission vivante (la sainte Tradition) que l’Esprit§75 Saint, dans « l’Église croyante et priante » (DV 8), apprend à prier aux enfants de Dieu.
« Nul ne peut dire : ‘Jésus est Seigneur’, que sous l’action de l’Esprit Saint » 1. Chaque fois que nous commençons à prier Jésus, c’est l’Esprit Saint qui, par sa grâce prévenante§683, nous attire sur le Chemin de la prière. Puisqu’il nous apprend à prier en nous rappelant§2001 le Christ, comment ne pas le prier lui-même ? C’est pourquoi l’Église nous invite à implorer chaque jour le Saint Esprit, spécialement au commencement et au terme de toute§1310 action importante.
Si l’Esprit ne doit pas être adoré, comment me divinise-t-il par le Baptême ? Et s’il doit être adoré, ne doit-il pas être l’objet d’un culte particulier ? a.
« Nul ne peut dire : ‘Jésus est le Seigneur’, sinon sous l’action de l’Esprit Saint » 1. L’Église nous invite à invoquer le Saint Esprit comme le Maître intérieur de la prière chrétienne.
L’entrée en oraison est analogue à celle de la Liturgie eucharistique : « rassembler » le cœur, recueillir tout notre être§1348 sous la mouvance de l’Esprit Saint, habiter la demeure du Seigneur que nous sommes, éveiller la foi pour entrer en la Présence de Celui qui nous attend, faire tomber nos masques et retourner notre cœur vers le Seigneur qui nous aime afin de nous remettre à Lui comme une offrande à purifier et à transformer§2100.
Dans le combat de la prière, nous avons à faire face, en nous-mêmes et autour de nous, à des conceptions erronées de la prière. Certaines y voient une simple opération psychologique, d’autres un effort de concentration pour arriver au vide mental. Telles la codifient dans des attitudes et des paroles rituelles. Dans l’inconscient de beaucoup de chrétiens, prier est une occupation incompatible avec tout ce qu’ils ont à faire§2710 : ils n’ont pas le temps. Ceux qui cherchent Dieu par la prière se découragent vite parce qu’ils ignorent que la prière vient aussi de l’Esprit Saint et non pas d’eux seuls.
Mais Jésus ne nous laisse pas une formule à répéter machinalement 1. Comme pour toute prière vocale, c’est par la Parole de Dieu que l’Esprit Saint apprend aux enfants de Dieu à prier leur Père. Jésus nous donne non seulement les paroles de notre prière filiale, il nous donne en même temps l’Esprit par qui elles deviennent en nous « esprit et vie » 2. Plus encore : la preuve et la possibilité de notre prière filiale c’est que le Père « a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : ‘Abba, Père !’ » 3. Puisque notre prière interprète nos désirs auprès de Dieu, c’est encore « Celui qui sonde les cœurs », le Père, qui « sait le désir de l’Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu » 4. La prière à Notre Père s’insère dans la mission mystérieuse du Fils§690 et de l’Esprit.