Catéchisme

8 paragraphes sélectionnés

747, 774, 775, 776, 780, 1045, 1108, 1140

L’Esprit Saint que le Christ, Tête, répand dans ses membres, bâtit, anime et sanctifie l’Église. Elle est le sacrement de la communion de la Trinité Sainte et des hommes.
Le mot grec mysterion a été traduit en latin par deux termes : mysterium et sacramentum. Dans l’interprétation ultérieure§1075, le terme sacramentum exprime davantage le signe visible de la réalité cachée du salut, indiquée par le terme mysterium. En ce sens, le Christ est Lui-même le mystère du salut : « Non est enim aliud Dei mysterium, nisi Christus » a. L’œuvre salvifique de son humanité sainte et sanctifiante est le sacrement§515 du salut qui se manifeste et agit dans les sacrements de l’Église §2014appellent aussi « les saints mystères »). Les sept sacrements sont les signes et les instruments par lesquels l’Esprit Saint répand la grâce du Christ, qui est la Tête, dans§1116 l’Église qui est son Corps. L’Église contient donc et communique la grâce invisible qu’elle signifie. C’est en ce sens analogique qu’elle est appelée « sacrement ».
« L’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » a : Être le sacrement de l’union intime des hommes avec Dieu : c’est là le premier but de l’Église. Parce que la communion entre les hommes s’enracine dans l’union avec Dieu, l’Église est aussi le sacrement de l’unité du genre humain. En elle, cette§360 unité est déjà commencée puisqu’elle rassemble des hommes « de toute nation, race, peuple et langue » 1 ; en même temps, l’Église est « signe et instrument » de la pleine réalisation de cette unité qui doit encore venir.
Comme sacrement, l’Église est instrument du Christ. « Entre ses mains elle est l’instrument de la Rédemption de tous les hommes§1088 » a, « le sacrement universel du salut » b, par lequel le Christ « manifeste et actualise l’amour de Dieu pour les hommes » c. Elle « est le projet visible de l’amour de Dieu pour l’humanité » d qui veut « que le genre humain tout entier constitue un seul Peuple de Dieu, se rassemble dans le Corps unique du Christ, soit construit en un seul temple du Saint-Esprit » ef.
L’Église est dans ce monde-ci le sacrement du salut, le signe et l’instrument de la communion de Dieu et des hommes.
Pour l’homme, cette consommation sera la réalisation ultime de l’unité du genre humain, voulue par Dieu dès§775 la création et dont l’Église pérégrinante était « comme le sacrement » a. Ceux qui seront unis au Christ formeront la communauté des rachetés, la Cité Sainte de Dieu§1404 1, « l’Épouse de l’Agneau » 2. Celle-ci ne sera plus blessée par le péché, les souillures 3, l’amour-propre, qui détruisent ou blessent la communauté terrestre des hommes. La vision béatifique, dans laquelle Dieu s’ouvrira de façon inépuisable aux élus, sera la source intarissable de bonheur, de paix et de communion mutuelle.
Le terme de la mission de l’Esprit Saint dans toute action liturgique est de mettre en communion avec le Christ pour§788 former son Corps. L’Esprit Saint est comme la sève de la Vigne du Père qui porte son fruit dans les sarments 1. Dans la Liturgie se réalise la coopération la plus intime§1091 de l’Esprit Saint et de l’Église. Lui, l’Esprit de Communion, demeure indéfectiblement dans l’Église, et c’est pourquoi l’Église est le grand sacrement§775 de la Communion divine qui rassemble les enfants de Dieu dispersés. Le fruit de l’Esprit dans la Liturgie est inséparablement Communion avec la Trinité Sainte et Communion fraternelle 2.
C’est toute la Communauté, le Corps du Christ uni à son Chef, qui célèbre. « Les actions liturgiques ne sont pas des§752§1348 actions privées, mais des célébrations de l’Église, qui est ‘le sacrement de l’unité’, c’est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité des Évêques. C’est pourquoi elles appartiennent au Corps tout entier de l’Église, elles le manifestent et elles l’affectent ; mais elles atteignent chacun de ses membres, de façon diverse, selon la diversité des ordres, des fonctions et de la participation effective » a. C’est pourquoi aussi « chaque§1372 fois que les rites, selon la nature propre de chacun, comportent une célébration commune, avec fréquentation et participation active des fidèles, on soulignera que celle-ci, dans la mesure du possible, doit l’emporter sur leur célébration individuelle et quasi privée » b.