« L’Église§507 s’appelle encore « la Jérusalem d’en haut » et « notre mère » 1 ; elle est décrite comme l’épouse immaculée de l’Agneau immaculé 2 que le Christ ‘a aimée, pour laquelle il s’est livré afin de la sanctifier§796§1616’ 3, qu’il s’est associée par un pacte indissoluble, qu’il ne cesse de ‘nourrir et d’entourer de soins’ 4 » a.
Église, épouse du Christ
9 paragraphes sélectionnés
757, 772, 773, 796, 808, 823, 867, 926, 1617
C’est dans l’Église que le Christ accomplit et révèle son propre mystère comme le but§518 du dessein de Dieu : « récapituler tout en Lui » 1. Saint Paul appelle « grand mystère » 2 l’union sponsale du Christ et de l’Église§796. Parce qu’elle est unie au Christ comme à son Époux 3, l’Église devient elle-même à son tour mystère 4. Contemplant en elle le mystère, saint Paul s’écrit : « Le Christ en vous, l’espérance de la gloire » 5.
Dans l’Église cette communion des hommes avec Dieu par « la charité qui ne passe jamais » 1 est la fin qui commande tout ce qui en elle est moyen sacramentel lié à ce monde qui passe§671 a. « Sa structure est complètement ordonnée à la sainteté des membres du Christ. Et la sainteté s’apprécie en fonction du ‘grand mystère’ dans lequel l’Épouse répond par le don de l’amour au don de l’Époux » b. Marie nous précède tous§972 dans la sainteté qui est le mystère de l’Église comme « l’Épouse sans tâche ni ride » 2. C’est pourquoi « la dimension mariale de l’Église précède sa dimension pétrinienne » c.
L’unité du Christ et de l’Église, Tête et membres du Corps, implique aussi la distinction des deux dans une relation personnelle. Cet aspect est souvent exprimé par l’image de l’époux et de l’épouse. Le thème§757 du Christ Époux de l’Église a été préparé par les prophètes§219 et annoncé par Jean-Baptiste 1. Le Seigneur s’est lui-même désigné comme « l’Époux » 2. L’apôtre présente l’Église et chaque fidèle, membre de son Corps§772, comme une Épouse « fiancée » au Christ Seigneur, pour n’être avec Lui§1602 qu’un seul Esprit 3. Elle est l’Épouse immaculée de l’Agneau immaculé 4 que le Christ a aimée, pour laquelle Il s’est livré « afin de la sanctifier » 5, qu’Il s’est associée par§1616 une alliance éternelle, et dont Il ne cesse de prendre soin comme de son propre Corps 6 :
Voilà le Christ total, Tête et Corps, un seul formé de beaucoup. [...] Que ce soit la Tête qui parle, que ce soit les membres, c’est le Christ qui parle. Il parle en tenant le rôle de la Tête (ex persona capitis) ou bien en tenant le rôle du Corps (ex persona corporis). Selon ce qui est écrit : « Ils seront deux en une seule chair. C’est là un grand mystère, je veux dire en rapport avec le Christ et l’Église » 3. Et le Seigneur lui-même dans l’Évangile : « Non plus deux, mais une seule chair » 468. Comme vous l’avez vu, il y a bien en fait deux personnes différentes, et cependant, elles ne font qu’un dans l’étreinte conjugale. [...] En tant que Tête il se dit « Époux », en tant que Corps il se dit « Épouse » 912.
« L’Église [...] est aux yeux de la foi indéfectiblement sainte. En effet le Christ, Fils de Dieu, qui, avec le Père§459 et l’Esprit, est proclamé ‘seul Saint’, a aimé l’Église comme son épouse, il s’est livré§796 pour elle afin de la sanctifier, il se l’est unie comme son Corps et l’a comblée du don de l’Esprit Saint pour la gloire de Dieu » a. L’Église est donc « le Peuple saint de Dieu » b, et ses membres sont appelés « saints§946 » 1.
L’Église est sainte : Le Dieu très saint est son auteur ; le Christ, son Époux, s’est livré pour elle pour la sanctifier ; l’Esprit de sainteté la vivifie. Encore qu’elle comprenne des pécheurs, elle est « la sans-péché faite de pécheurs ». Dans les saints brille sa sainteté ; en Marie elle est déjà la toute sainte.
La vie religieuse relève du mystère de l’Église. Elle est un don que l’Église reçoit de son Seigneur et qu’elle offre comme un état de vie stable au fidèle appelé par Dieu dans la profession des conseils. Ainsi l’Église peut-elle à la fois manifester le Christ et se reconnaître Épouse du Sauveur. La vie§796 religieuse est invitée à signifier, sous ses formes variées, la charité même de Dieu, dans le langage de notre temps.
Toute la vie chrétienne porte la marque de l’amour sponsal du Christ et de l’Église. Déjà le Baptême, entrée dans le peuple§796 de Dieu, est un mystère nuptial : il est, pour ainsi dire, le bain de noces 1 qui précède le repas de noces, l’Eucharistie. Le Mariage chrétien devient à son tour signe efficace, sacrement de l’alliance du Christ et de l’Église. Puisqu’il en signifie et communique la grâce, le mariage entre baptisés est un vrai sacrement de la Nouvelle Alliance ab.
