Catéchisme

10 paragraphes sélectionnés

787, 788, 789, 790, 791, 792, 793, 794, 795, 796

Dès le début, Jésus a associés ses disciples à sa vie 1 ; il leur a révélé le mystère du Royaume 2 ; il leur a donné part à sa mission, à sa joie 3 et à ses souffrances 4. Jésus parle d’une communion encore plus intime entre Lui et ceux qui le suivraient : « Demeurez en moi, comme moi en vous§755 [...]. Je suis le cep, vous êtes les sarments » 5. Et Il annonce une communion mystérieuse et réelle entre son propre corps et le nôtre : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » 6.
Lorsque sa présence visible leur a été enlevée, Jésus n’a pas laissé orphelins ses disciples 1. Il leur a promis de rester avec eux jusqu’à la fin des temps 2, il leur a envoyé son Esprit 3. La communion avec Jésus en est devenue, d’une certaine façon, plus intense : « En communiquant son Esprit§690 à ses frères, qu’il rassemble de toutes les nations, Il les a constitués mystiquement comme son corps » a.
La comparaison de l’Église avec le corps jette une lumière sur le lien intime entre l’Église et le Christ. Elle n’est pas seulement rassemblée autour de lui ; elle est unifiée en lui, dans son Corps. Trois aspects de l’Église – Corps du Christ§521 sont plus spécifiquement à relever : l’unité de tous les membres entre eux par leur union au Christ ; le Christ Tête du Corps ; l’Église, Épouse du Christ.
Les croyants qui répondent à la Parole de Dieu et deviennent membres du Corps du Christ, deviennent étroitement unis§947 au Christ : « Dans ce corps la vie du Christ se répand à travers les croyants que les sacrements, d’une manière mystérieuse et réelle, unissent au Christ souffrant et glorifié » a. Ceci est particulièrement vrai du Baptême par lequel nous§1227 sommes unis à la mort et à la Résurrection du Christ 1, et de l’Eucharistie, par laquelle, « participant réellement§1329 au corps du Christ », « nous sommes élevés à la communion avec Lui et entre nous » b.
L’unité du corps n’abolit pas la diversité des membres : « Dans l’édification du corps du Christ règne une§814 diversité de membres et de fonctions. Unique est l’Esprit qui distribue des dons§1937 variés pour le bien de l’Église à la mesure de ses richesses et des exigences des services ». L’unité du Corps mystique produit et stimule entre les fidèles la charité : « Aussi un membre ne peut souffrir, que tous les membres ne souffrent, un membre ne peut être à l’honneur, que tous les membres ne se réjouissent avec lui » a. Enfin, l’unité du Corps mystique est victorieuse de toutes les divisions humaines : « Vous tous, en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » 1.
Le Christ « est la Tête§1119 du Corps qui est l’Église§669 » 1. Il est le Principe de la création et de la rédemption. Élevé dans la gloire du Père, « Il a en tout la primauté » 2, principalement sur l’Église par laquelle il étend son règne sur toute chose :
Il nous unit à sa Pâque : Tous les membres§661 doivent s’efforcer de lui ressembler « jusqu’à ce que le Christ§519 soit formé en eux » 1. « C’est dans ce but que nous sommes introduits dans les mystères de sa vie, [...] associés à ses souffrances comme le corps à la tête, unis à sa passion pour être unis à sa gloire » a.
Il pourvoit à notre croissance 1 : Pour nous faire grandir vers lui, notre Tête 2, le Christ dispose dans son corps§872, l’Église, les dons et les services par lesquels nous nous aidons mutuellement sur le chemin du salut.
Le Christ§695§1474 et l’Église, c’est donc le « Christ total » (Christus totus). L’Église est une avec le Christ. Les saints ont une conscience très vive de cette unité :
Félicitons-nous donc et rendons grâces de ce que nous sommes devenus, non seulement des chrétiens, mais le Christ lui-même. Comprenez-vous, frères, la grâce que Dieu nous a faite en nous donnant le Christ comme Tête ? Soyez dans l’admiration et réjouissez-vous, nous sommes devenus le Christ. En effet, puisqu’il est la Tête et que nous sommes les membres, l’homme tout entier, c’est lui et nous [...]. La plénitude du Christ, c’est donc la Tête et les membres ; qu’est-ce à dire : la Tête et les membres ? Le Christ et l’Église (saint Augustin, in evangelium Johannis tractatus 21, 8).
Notre Rédempteur s’est montré comme une seule et même personne que l’Église qu’il a assumée a.
Tête et membres, une seule et même personne mystique pour ainsi dire b.
Un mot de Ste Jeanne d’Arc à ses juges résume la foi des saints Docteurs et exprime le bon sens du croyant : « De Jésus-Christ et de l’Église, il m’est avis que c’est tout un, et qu’il n’en faut pas faire difficulté » c.
L’unité du Christ et de l’Église, Tête et membres du Corps, implique aussi la distinction des deux dans une relation personnelle. Cet aspect est souvent exprimé par l’image de l’époux et de l’épouse. Le thème§757 du Christ Époux de l’Église a été préparé par les prophètes§219 et annoncé par Jean-Baptiste 1. Le Seigneur s’est lui-même désigné comme « l’Époux » 2. L’apôtre présente l’Église et chaque fidèle, membre de son Corps§772, comme une Épouse « fiancée » au Christ Seigneur, pour n’être avec Lui§1602 qu’un seul Esprit 3. Elle est l’Épouse immaculée de l’Agneau immaculé 4 que le Christ a aimée, pour laquelle Il s’est livré « afin de la sanctifier » 5, qu’Il s’est associée par§1616 une alliance éternelle, et dont Il ne cesse de prendre soin comme de son propre Corps 6 :
Voilà le Christ total, Tête et Corps, un seul formé de beaucoup. [...] Que ce soit la Tête qui parle, que ce soit les membres, c’est le Christ qui parle. Il parle en tenant le rôle de la Tête (ex persona capitis) ou bien en tenant le rôle du Corps (ex persona corporis). Selon ce qui est écrit : « Ils seront deux en une seule chair. C’est là un grand mystère, je veux dire en rapport avec le Christ et l’Église » 3. Et le Seigneur lui-même dans l’Évangile : « Non plus deux, mais une seule chair » 468. Comme vous l’avez vu, il y a bien en fait deux personnes différentes, et cependant, elles ne font qu’un dans l’étreinte conjugale. [...] En tant que Tête il se dit « Époux », en tant que Corps il se dit « Épouse » 912.