Les croyants qui répondent à la Parole de Dieu et deviennent membres du Corps du Christ, deviennent étroitement unis§947 au Christ : « Dans ce corps la vie du Christ se répand à travers les croyants que les sacrements, d’une manière mystérieuse et réelle, unissent au Christ souffrant et glorifié » a. Ceci est particulièrement vrai du Baptême par lequel nous§1227 sommes unis à la mort et à la Résurrection du Christ 1, et de l’Eucharistie, par laquelle, « participant réellement§1329 au corps du Christ », « nous sommes élevés à la communion avec Lui et entre nous » b.
Unité et communion des membres du corps du Christ
8 paragraphes sélectionnés
790, 791, 797, 947, 953, 1368, 1396, 1469
L’unité du corps n’abolit pas la diversité des membres : « Dans l’édification du corps du Christ règne une§814 diversité de membres et de fonctions. Unique est l’Esprit qui distribue des dons§1937 variés pour le bien de l’Église à la mesure de ses richesses et des exigences des services ». L’unité du Corps mystique produit et stimule entre les fidèles la charité : « Aussi un membre ne peut souffrir, que tous les membres ne souffrent, un membre ne peut être à l’honneur, que tous les membres ne se réjouissent avec lui » a. Enfin, l’unité du Corps mystique est victorieuse de toutes les divisions humaines : « Vous tous, en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » 1.
« Ce que notre esprit, je veux dire notre âme, est à nos membres, l’Esprit Saint l’est aux membres du Christ, au Corps§813 du Christ, je veux dire l’Église » a. « C’est à l’Esprit du Christ comme à un principe caché qu’il faut attribuer que toutes les parties du Corps soient reliées, aussi bien entre elles qu’avec leur Tête suprême, puisqu’il réside tout entier dans la Tête, tout entier dans le Corps, tout entier dans chacun de ses membres » b. L’Esprit§586 Saint fait de l’Église « le Temple du Dieu Vivant » 1 :
C’est à l’Église elle-même, en effet, qu’a été confié le Don de Dieu. [...] C’est en elle qu’a été déposée la communion avec le Christ, c’est-à-dire l’Esprit Saint, arrhes de l’incorruptibilité, confirmation de notre foi et échelle de notre ascension vers Dieu [...] Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce 2.
« Puisque tous les croyants forment un seul corps, le bien des uns est communiqué aux autres [...] Il faut de la sorte croire qu’il existe une communion des biens dans l’Église. Mais le membre le plus important est le Christ, puisqu’Il est la tête [...] Ainsi§790, le bien du Christ est communiqué à tous les membres, et cette communication se fait par les sacrements de l’Église » a. « Comme cette Église est gouvernée par un seul et même Esprit, tous les biens qu’elle a reçus deviennent nécessairement un fonds commun » b.
La communion de la charité : dans la sanctorum communio « nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme§1827 nul ne meurt pour soi-même » 1. « Un membre souffre-t-il ? tous les membres souffrent avec lui. Un membre est-il à l’honneur ? tous les membres prennent part à sa joie. Or vous êtes le Corps du Christ, et membres chacun pour sa part » 2. « La charité ne cherche pas ce qui est à elle » 3. Le moindre de nos actes fait dans la charité retentit au profit de tous, dans cette§2011 solidarité avec tous les hommes, vivants ou morts, qui se fonde sur la communion§845§1469 des saints. Tout péché nuit à cette communion.
L’Eucharistie est également le sacrifice de l’Église. L’Église, qui est le Corps du Christ, participe à l’offrande de son Chef. Avec Lui, elle est offerte elle-même tout entière. Elle s’unit à son intercession auprès du Père pour tous les hommes. Dans l’Eucharistie, le sacrifice du Christ devient aussi§618§2031 le sacrifice des membres de son Corps. La vie des fidèles, leur louange, leur souffrance, leur prière, leur travail, sont unis à ceux du Christ et à sa totale§1109 offrande, et acquièrent ainsi une valeur nouvelle. Le sacrifice du Christ présent sur l’autel donne à toutes les générations de chrétiens la possibilité d’être unis à son offrande.
L’unité du Corps mystique : l’Eucharistie fait l’Église. Ceux qui reçoivent l’Eucharistie sont unis plus étroitement au Christ§1118. Par là même, le Christ les unit à tous les fidèles en un seul corps : l’Église. La communion renouvelle, fortifie, approfondit cette incorporation à l’Église déjà réalisée§1267 par le Baptême. Dans le Baptême nous avons été appelés à ne faire qu’un seul corps 1. L’Eucharistie réalise cet appel : « La coupe de bénédiction que nous bénissons n’§1064est-elle pas communion au Sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au Corps du Christ ? Puisqu’il n’y a qu’un pain, à nous tous nous ne formons qu’un corps, car tous nous avons part§790 à ce pain unique » 2 :
Si vous êtes le corps du Christ et ses membres, c’est votre sacrement qui est placé sur la table du Seigneur, vous recevez votre sacrement. Vous répondez « Amen » a à ce que vous recevez, et vous y souscrivez en répondant. Tu entends ce mot : « le Corps du Christ » et tu réponds : « Amen ». Sois donc un membre du Christ pour que soit vrai ton Amen .
Ce sacrement nous réconcilie avec l’Église. Le péché ébrèche ou brise la communion fraternelle. Le sacrement de Pénitence la répare ou la restaure§953. En ce sens, il ne guérit pas seulement celui qui est rétabli dans la communion ecclésiale, il a aussi un effet vivifiant sur la vie de l’Église qui a souffert du péché d’un de ses membres 1. Rétabli ou affermi dans la communion des saints, le pécheur est fortifié par l’échange des biens spirituels§949 entre tous les membres vivants du Corps du Christ, qu’ils soient encore dans l’état de pèlerinage ou qu’ils soient déjà dans la patrie céleste a :
Il faut rappeler que la réconciliation avec Dieu a comme conséquence, pour ainsi dire, d’autres réconciliations qui porteront remède à d’autres ruptures produites par le péché : le pénitent pardonné se réconcilie avec lui-même dans la profondeur de son être, où il récupère la propre vérité intérieure ; il se réconcilie avec les frères que de quelque manière il a offensé et blessé ; il se réconcilie avec l’Église ; il se réconcilie avec la création toute entière b.
