Nous étudions maintenant la Personne du Saint-Esprit, parce que l’étude de celle du Fils sera faite dans les nombreuses leçons suivantes, lorsque nous parlerons de l’Incarnation et de la Rédemption.
Qui est le Saint-Esprit ?
Il est Dieu
Le Saint-Esprit est la troisième Personne de la Sainte Trinité.

Le Saint-Esprit est Dieu, comme les deux autres Personnes divines. Il procède du Père et du Fils, nous l’avons vu : il est l’amour mutuel entre le Père et le Fils. Mais c’est parmi les trois Personnes la plus mystérieuse et la plus cachée.
Le Père apparaît souvent dans l’Ancien Testament, nous en entendons parler tout le temps. Le Fils est encore plus connu, car il est venu habiter parmi nous, et quatre de ses disciples ont écrit son histoire. Mais le Saint-Esprit apparait très rarement : lors du baptême de Jésus, pendant sa Transfiguration ; il se manifeste à la Pentecôte. Mais c’est à peu près tout.
Puisque le Saint-Esprit est Dieu, il est une personne toute-puissante, qui comme le Père et le Fils possède infiniment toutes les perfections. Il n’est pas moins grand que le Père et le Fils, et il est éternel comme les deux autres Personnes.
Attention ! Lorsque nous disons que le Saint-Esprit est l’amour du Père et du Fils, il ne faut pas en conclure que le Saint-Esprit est quelque chose. Il est une personne, une Personne divine, il est quelqu’un, pas quelque chose.
Comment le connaissons-nous ?
C’est le Christ qui nous a révélé son existence, car en lui-même il nous est inconnu. Et même après que le Fils Jésus-Christ nous a parlé plusieurs fois de lui, le Saint-Esprit reste peu connu. Et cela pour une raison très simple : Le Père est facile à imaginer, on se le représente comme un vieil homme barbu, plein de majesté et de sagesse. Le Fils est venu à nous, nous avons de lui les belles images du Saint Suaire. Mais le Saint-Esprit, nous l’appelons esprit, et on ne peut pas s’imaginer un esprit. Parfois il se manifeste sous la forme d’une colombe, mais parfois sous la forme de langue de feu. Nous savons juste que c’est un esprit, un esprit saint. Et même son rôle est mystérieux !
Représenter le Saint-Esprit
La colombe
Si on veut dessiner, ou représenter le Saint-Esprit, cela pose un problème : comment dessine-t-on un esprit ? Alors souvent on se sert des images de la Bible, et surtout de la colombe, qui apparaît au baptême de Jésus, entre le Père et le Fils.
On le représente souvent de la même manière : Deux personnages identiques se font face, et entre leurs deux bouches il y a une colombe aux ailes déployées. En effet, il est le souffle d’amour du Père et du Fils, il vient du Père et du Fils.
Le souffle

Le souffle, c'est le mot qui nous permet de le retrouver dans l'Ancien Testament. On retrouvait déjà la colombe, après le déluge. Elle apporte à Noé le rameau d’olivier, symbole de paix. Et le Saint-Esprit est pacificateur, il nous donne la paix de l’âme.
Mais c’est aussi le souffle de Dieu. Et il apparaît au commencement, dans les premières lignes de la Bible : « le souffle de Dieu planait sur les eaux (Gn 1,2) ». Et ensuite Dieu souffle sur Adam, pour lui donner la vie. Le souffle est vivificateur : l’Esprit donne la vie, l’Esprit Saint est la vie de notre âme.
On retrouve encore ce souffle de Dieu dans l’Evangile : Jésus souffla sur les apôtres et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ». L’Esprit Saint c’est donc le souffle du Christ, sa respiration.
Le feu
On retrouve encore le Saint-Esprit à la Pentecôte, bien sûr. Il y a les langues de feu, des flammes. C’est la « vive flamme d’amour ». dont parle Saint Jean de la Croix, et le Saint-Esprit est celui qui met en nous la charité. On le représente donc souvent dans l’art chrétien par une flamme.
Quand on aime quelqu’un, quand on est amoureux, il semble que notre cœur brûle à l’intérieur. C’est d’ailleurs une expression commune : « brûler pour quelqu’un », c’est l’aimer très fort.
L’action du Saint-Esprit
L’appropriation
On se souvient que quand Dieu agit en faveur des hommes, c’est la Trinité toute entière qui agit, ce n’est pas une Personne plus que les deux autres. Mais parce que certaines actions de Dieu ressemblent plus à ce que ferait un père ou un fils, on leur approprie certaines actions.

C’est l’action par laquelle on relie plus naturellement une action divine à l’une des trois Personnes. Par exemple, on approprie la Création au Père, parce que c’est une œuvre de toute-puissance. Mais les trois personnes sont toutes-puissantes.
De même on approprie au Saint-Esprit les œuvres divines de sanctification, c’est-à-dire l’action de Dieu dans nos âmes, par la vie de la grâce et les sacrements de l’Eglise.
Il faut faire attention à deux erreurs : ne pas prêter attention au Saint-Esprit serait comme si on ne reconnaissait pas l’existence de la troisième Personne de la Trinité. Mais d’un autre côté, il ne faut pas voir le Saint-Esprit partout, en croyant que tout ce qu’on dit est inspiré par le Saint-Esprit. C’est une grave erreur de croire que l’action ordinaire du Saint-Esprit passe par les miracles, les visions, etc… Cela peut arriver, mais c’est son action extraordinaire. Son action ordinaire est mystérieuse et insensible, purement spirituelle.
La première œuvre du Saint-Esprit est donc de nous sanctifier, de nous rendre saints. On ne devient pas saint par ses seules forces, c’est un don de Dieu, auquel il faut participer. Il faut que ce soit Dieu lui-même qui nous transforme pour nous faire lui ressembler. C’est le rôle du Saint-Esprit, et c’est pour ça qu’on l’appelle ainsi : il s’occupe de notre vie spirituelle (Esprit), il nous sanctifie (Saint).
De plus, le Saint-Esprit gouverne de manière invisible l’Eglise du Christ, l’Eglise Catholique. Il l’assiste, pour qu’elle soit infaillible dans son enseignement, il distribue les charismes et les dons à qui il veut, enfin il conserve l’Eglise invincible en face de ses ennemis.
Cet adjectif s’applique à quelqu’un qui ne peut pas faillir, qui ne peut pas se tromper. C’est le cas de l’Eglise quand elle enseigne le monde sur la foi ou la morale.
don particulier que le Saint-Esprit fait à une personne, qui lui permet par exemple de parler des langues qu’elle ne connait pas (Saint François-Xavier apprenait une nouvelle langue en une semaine), ou de lire dans les cœurs (le saint curé d’Ars savait quand une personne lui mentait ou lui cachait quelque chose).
Les sept dons du Saint-Esprit
Le Saint-Esprit, par sa présence dans notre âme, nous fait sept cadeaux, sept dons. Ils sont en nous depuis le jour de notre baptême, mais sont renforcés par le sacrement de confirmation.
Les dons du Saint-Esprit sont des habitudes surnaturelles qui nous disposent à recevoir et à suivre les inspirations ou les mouvements du Saint-Esprit pour notre salut.
Elle nous fait éviter le péché par peur d’offenser Dieu, non pas comme si on avait peur d’être punis, mais plutôt parce qu’on l’aime en vérité et que l’on ne veut pas le peiner.
Elle nous aide à rendre le culte et les devoirs qui leur sont dus à Dieu, aux saints, et aux hommes qui tiennent ici-bas la place de Dieu (le Pape, les évêques et les prêtres, nos parents, etc.).
Elle nous aide à comprendre ce qu’il faut croire et ce qu’il ne faut pas croire, et à nous diriger dans la vie spirituelle.
Elle nous donne une puissance plus grande pour résister aux tentations, et aux obstacles de notre vie.
Il nous aide à éviter les pièges, et à savoir en cas de doute ce qui correspond mieux à la gloire de Dieu, et à notre salut.
Elle nous aide à mieux voir la crédibilité des mystères de la foi, dans la mesure que cela nous est possible.
Elle nous aide à trouver notre joie dans la contemplation des choses de Dieu, et à tout juger dans notre vie sous son regard aimant.
L’inhabitation du Saint-Esprit dans les âmes

Le don de l’Esprit, c’est le mystère de l’inhabitation du Saint-Esprit dans les âmes en état de grâce. Comme le dit Saint Paul : « l’Esprit de Dieu habite en vous (Rm 8,9) ». Le Saint-Esprit est donc présent en nous. Mais comment ? Il faut ici distinguer la présence d’immensité et la présence d’amitié (de grâce).
La présence d’immensité est la présence de Dieu au sens où il est présent partout. Nous avions vu cela à propos des perfections de Dieu. Il n’y a nulle part où Dieu n’est pas. En ce sens, Dieu est présent même dans les pécheurs, et jusque dans le diable. C’est en effet la présence de Dieu qui nous conserve, et sans elle nous retomberions dans le néant !
La présence d’amitié est une présence bien supérieure, par la grâce sanctifiante. Jésus nous a dit : « Si quelqu'un m’aime, (…) nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure (Jn 14,23) ».
Le péché contre l’Esprit-Saint
Notre Seigneur a dit que tout péché sera remis aux hommes, mais que le péché contre l’Esprit ne sera pas remis. Quel est donc ce blasphème contre l’Esprit-Saint qui ne sera pas pardonné ? Il s’agit en fait du refus de la grâce de Dieu, du refus de la présence d’amitié de la Trinité tout entière en notre âme. On dit que ce péché ne peut pas être pardonné, non pas parce que Dieu ne veut pas le pardonner, ou que l’Eglise n’en aurait pas le pouvoir, mais parce que c’est un refus de la conversion, du retour à Dieu. Dieu peut tout pardonner, il ne nous demande que de regretter nos péchés et de lui en demander pardon. Celui qui refuse le pardon de Dieu ne peut donc pas être pardonné.
Venez Esprit Saint,
Remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour.
Envoyez votre Esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle.
Et vous renouvellerez la face de la terre.
Prions. O Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par les lumières du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien, et de nous réjouir sans cesse de ses divines consolations. Par Jésus-Christ votre Fils Notre Seigneur. Ainsi-soit-il.
