Chapitre 11

L’Eglise

Définition

L’Eglise est la société de tous les fidèles qui professent la religion du Christ, participent aux mêmes sacrements et obéissent aux pasteurs chargés de l’enseigner, c’est-à-dire au Pape, chef suprême et aux évêques.

Fondation de l’Eglise par le Christ

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L’Eglise a été fondée par Jésus-Christ. Cela est un dogme de foi.

Certaines personnes prétendent que Saint Paul, et d’une manière générale les Apôtres, sont les fondateurs réels de l’Eglise. Ils affirment que Jésus était un homme extraordinaire, et que la résurrection n’a eu lieu que dans le cœur des Apôtres qui en ont fait un Dieu. Ceci est complètement faux, et les gens qui affirment cela veulent en réalité prouver que l’Eglise n’est pas d’institution divine, et que ce n’est donc qu’une société humaine.

La fondation de l’Eglise signifie qu’il a lui-même posé les bases essentielles de l’Eglise dans sa doctrine, dans son culte et dans sa constitution.

Les protestants ont enseigné que le Christ avait fondé une Eglise invisible et que son organisation et sa hiérarchie étaient une invention humaine. Les orthodoxes et les anglicans reconnaissent la fondation divine d’une Eglise visible, hiérarchique, mais nient l’institution divine de la primauté du Pape.

But de l’Eglise

Le Christ donne à l’Eglise sa mission

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Le Christ a fondé son Eglise pour continuer son œuvre rédemptrice dans tous les temps. Tandis que le Christ par sa Passion a mérité les fruits de la Rédemption, la tâche de l’Eglise consiste à appliquer aux hommes ces fruits de la Rédemption.

Jésus-Christ a donné par sa Passion la possibilité à tous les hommes de se sauver. Mais il laisse l’homme libre de le choisir. Il a donc donné à son Eglise tous les moyens pour bénéficier de ce salut, et demande aux hommes qui veulent se sauver de passer par l’Eglise catholique, qui est son « corps mystique ».

Le Christ a confié sa propre mission aux apôtres : « Comme vous m’avez envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde (Jn 17,18) ». Mais le but de la mission du Christ était le salut éternel des hommes. Pour remplir cette tâche, le Christ a donné à l’Eglise plein pouvoir de prêcher la vérité (ministère doctrinal), de faire observer ses commandements (ministère pastoral) et de donner des moyens de grâce (ministère sacerdotal).

L’Eglise a donc une seule mission principale : amener tous les hommes aux salut en leur appliquant les mérites de la Passion du Christ. Mais elle remplit cette mission par trois missions intermédiaires : enseigner ce qu’il faut croire (la foi), ce qu’il faut faire (la morale), et comment on obtient l’aide de Dieu (les sacrements).

L’institution des sacrements

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Le Baptême

« Allez, enseigner toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit ; et moi, je vais être avec vous jusqu’à la consommation des temps (Mt 28, 19-20) ».

« Allez par tout le monde et prêchez l'Evangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné (Mc 16,15) ».

La confession

« En vérité, je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel (Mt 18, 18) ».

« Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus (Jn 20,23) ».

L’eucharistie

« Et il prit du pain, et, après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : " Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. " Et pareillement pour la coupe, après qu'ils eurent soupé, en disant : " Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, répandu pour vous (Lc 22, 19) ».

On pourrait ainsi trouver des citations pour chacun des sacrements, que nous verrons en particulier quand nous étudierons les sacrements dans un autre cours.

L’Eglise comme société visible

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Le but suprême de l’Eglise est de glorifier Dieu extérieurement, et cela passe par le salut des hommes. Puisque l’Eglise est une société visible, qui doit publiquement annoncer qu’elle possède la pleine vérité de Jésus-Christ, elle doit, par des cérémonies publiques, manifester la gloire de Dieu, et lui rendre un hommage officiel, à la vue du monde entier.

C’est pour cela qu’il est impossible que la foi soit purement intérieure, et que les affaires de religion soient uniquement privées. Toute société doit reconnaitre sa soumission à Dieu, et c’est la raison pour laquelle un état doit aussi, par ses représentants officiels, participer aux cérémonies de l’Eglise et aider au développement de celle-ci. C’était le cas en France jusqu’à la Révolution.

C’est une société visible et hiérarchique, gouvernée par le Pape, évêque de Rome, assisté des autres évêques. « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle (Mt 16,18) ». Le Christ a donc donné à l’Eglise un Magistère, qui nous assure que c’est lui qui enseigne, dirige et sanctifie à travers l’Eglise. C’est pour cette raison que le Pape jouit dans certains cas du privilège de l’infaillibilité : dans ces cas bien précis nous avons la certitude absolue que son enseignement est vrai. C’est une des cas de l’assistance du Saint-Esprit dont nous avions parlé.

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Une société hiérarchique, par opposition à une société anarchique, est organisée et dirigée par un chef, qui doit conduire la société vers le bien de celle-ci. C’est par exemple le Pape dans l’Eglise, le roi ou le résident dans un pays, le père dans une famille, le patron dans une entreprise.

Jésus-Christ n’a fondé qu’une seule Eglise

Une seule Eglise pour une seule mission

S’il est certain que Jésus-Christ a fondé une Eglise, il n’est pas moins vrai qu’il n’en a fondé qu’une seule, vu le but qu’il poursuivait. Le Christ apporte au monde une doctrine nouvelle, les vérités divines : il annonce le royaume de Dieu et il veut que son Evangile soit prêché à toute créature. Comme il ne peut personnellement porter son enseignement parmi tous les peuples de l’univers, il donne à ses Apôtres et à leurs successeurs la mission d’exécuter dans le cours des âges la tâche que lui-même ne peut remplir. Il veut qu’il n’y ait « qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur (Jn 10, 16) ».

Or à notre époque nous nous trouvons en présence de plusieurs « Eglises » qui se disent chrétiennes, qui reconnaissent le même fondateur et qui prétendent chacune, être la véritable Eglise instituée par le Christ. Mais ces « Eglises » ont des doctrines en partie différentes ; elles ne viennent donc pas toutes de lui, puisqu’il n’a enseigné qu’une seule doctrine. La question qui se pose alors est de savoir quelle est la vraie.

Les différences entre les chrétiens

Les chrétiens sont les croyants qui affirment que Jésus est Dieu. Le mot « chrétien » regroupe donc les catholiques, les protestants et les orthodoxes.

Attention ! La seule véritable Eglise est l’Eglise catholique romaine, à laquelle nous appartenons. Quand on parle de l’unité des chrétiens, nous voulons dire que nous souhaitons que les protestants et les orthodoxes renoncent à leurs erreurs et reviennent dans la seule Eglise véritable !

Protestants

Ce sont des chrétiens qui ont suivi le réformateur Luther, qui sous prétexte de certains abus dans l’Eglise de son époque, a décidé de ne plus obéir au Pape et à l’Eglise. Luther a composé une nouvelle doctrine chrétienne, basée sur une libre interprétation de la Bible.

Orthodoxes

Ce sont des chrétiens qui ont refusé de rester unis au Pape depuis 1054. Ils ont presque la même foi que nous, même s’ils ont refusé les définitions dogmatiques des papes depuis ce temps. Mais il est possible qu’une union se fasse à nouveau, et que les orthodoxes décident de revenir dans l’Eglise catholique.

Anglicans

Ce sont des chrétiens protestants qui se sont séparés de l’Eglise catholique, parce que le Pape avait refusé le remariage du roi Henri VIII d’Angleterre. Le roi a donc décidé de se séparer de Rome, et de devenir le chef de l’Eglise d’Angleterre.

Les notes ou marques de la vraie Eglise

L’Eglise catholique, l’Eglise orthodoxe, l’Eglise protestante, prétendent être toutes les trois l’Eglise instituée par Jésus-Christ. Quelles sont les notes, les marques, ou si l’on veut, les signes extérieurs et visibles qui permettent de discerner la véritable Eglise du Christ ?

Nous allons passer en revue les quatre adjectifs que nous chantons dans le Credo « Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam (une Eglise une, sainte, catholique et apostolique) ». Nous allons voir comment ces quatre notes sont bien des signes révélateurs de la vraie Eglise.

L’Unité

Le Christ l’a déclaré, il veut un seul troupeau, un seul pasteur. Saint Paul dit qu’« il n’y a qu’un Seigneur, une foi, un baptême (Eph 4, 5) ».

La vraie Eglise doit donc avoir :

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  • L’unité de gouvernement : il faut que le pasteur suprême soit unique, pour qu’il n’y ait pas de divisions dans le troupeau. Or tous les fidèles catholiques obéissent au même chef qui est le Pape.

Les protestants et les orthodoxes dépendent de nombreux chefs différents, et aucune autre église que l’Eglise catholique n’est unifiée.

  • L’unité de foi et de culte : il faut que tous les fidèles qui appartiennent à la véritable Eglise aient la même croyance et le même culte. Comme tous les catholiques ont l’obligation d’obéir à l’enseignement et à l’autorité du Pape, tous ont donc la même foi, admettent les mêmes sacrements et pratiquent le même culte.

Chez les protestants, chacun est libre d’interpréter à sa guise l’Ecriture Sainte, et donc il y a autant de fois protestantes que de protestants. Il existe aujourd’hui dans le monde des milliers de sectes protestantes différentes. Les orthodoxes sont, eux, globalement unis dans la foi, et très proches de nous. C’est pour cela qu’il semble plus facile et faisable leur union avec nous.

La Sainteté

L’Eglise ayant reçu comme mission de sanctifier les hommes et de les conduire au salut, il va de soi qu’elle doit être sainte :

Dans sa doctrine, dans sa morale et dans son culte : L’Eglise romaine exige non seulement de tous ses enfants qu’ils suivent les commandements de Dieu, qu’ils reçoivent les mêmes sacrements et pratiquent la mortification (l’esprit de sacrifice), mais elle les pousse aussi à une plus grande perfection en leur proposant les conseils évangéliques (pauvreté, chasteté, obéissance).

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Les protestants prétendent que seule la foi sauve, et donc qu’il est possible de continuer à faire tous les péchés que l’on veut, pourvu qu’un ait la foi, car de toute manière il est impossible de suivre la morale de l’Eglise.

Dans ses membres

Certes, tous les membres de l’Eglise ne sont pas des saints, mais il est évident que l’Eglise « a fait » depuis de nombreux siècles un grand nombre de saints.

On dit que pour porter un jugement sur une société, il faut regarder son fondateur. L’Eglise catholique existe depuis la venue du Christ, et elle peut donc dire que son fondateur est bien Jésus-Christ. Les protestants existent depuis la réforme de Luther, et les historiens ont prouvé qu’il était violent, gourmand, impur, etc. De même le roi Henri VIII d’Angleterre, et la plupart des fondateurs de sectes protestantes.

La Catholicité

Catholique

ce mot signifie « universel ».

« Allez dans tout l’univers et proclamez la Bonne Nouvelle à toute créature (Mc 16, 15) ». Si l’Eglise du Christ doit s’étendre à tous l’univers, toute Eglise nationale (d’un pays) qui ne comprend que des sujets du même pays ne saurait être cette Eglise.

C’est le cas de l’Eglise anglicane, de l’Eglise populaire de Chine, ou de l’Eglise orthodoxe de Russie.

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De même la catholicité implique l’unité, car si l’Eglise n’était pas une, ce ne serait pas une Eglise universelle que nous aurions devant nous, mais une collection de sociétés plus ou moins nombreuses et plus ou moins diverses.

Or l’Eglise catholique s’adresse à tous et a été fondée pour tous. Aussi elle n’est l’Eglise d’aucune nationalité, ni d’aucune race, parce qu’elle sait s’adapter aux différents peuples, sans rien changer dans sa doctrine. Un catholique français ne diffère donc en rien d’un catholique anglais ou russe ou chinois.

L’Apostolicité

La vraie Eglise doit être apostolique :

Dans ses pasteurs

les chefs qui la dirigent actuellement doivent être les successeurs des Apôtres. Il faut que à partir du Pape et des Evêques, l’on arrive à reconstituer les anneaux d’une chaîne ininterrompue jusqu’à saint Pierre et au Collège des Apôtres. L’Eglise catholique seule peut remonter du Pape actuel jusqu’à Saint Pierre. De même si l’on remonte de consécration en consécration d’évêques, on arrivera ainsi jusqu’aux Apôtres.

Dans sa doctrine

celle-ci doit être la même de nos jours que celle prêchée par les Apôtres. Non que tout doive être exprimé dans les mêmes termes, ni défini à l’origine de l’Eglise primitive, mais tous les dogmes doivent être au moins contenus dans l’enseignement des Apôtres, comme dans l’enfant au berceau on peut déjà trouver les qualités de l’homme adulte.

Or l’Eglise catholique proclame et enseigne la même foi que les Apôtres. Notre Credo s’appelle aussi le Symbole des Apôtres.

« Hors de l’Eglise point de salut »

Tous les hommes pour être sauvés doivent appartenir à la véritable Eglise qui est l’Eglise catholique romaine. Notre-Seigneur a dit : « Prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné (Mc 16, 15-16) ».

Les Pères de l’Eglise nous l’enseignent aussi : « Celui qui n’a pas l’Eglise pour mère, n’aura pas Dieu pour Père (Saint Cyprien) ».

Pour bien comprendre cette phrase « Hors de l’Eglise, point de salut », il faut distinguer deux choses dans l’Eglise :

  • Le corps, c’est-à-dire cette organisation sociale, visible à laquelle appartient tout baptisé, qui n’est ni volontairement séparé de l’Eglise, ni excommunié.
  • L’âme, c’est-à-dire la grâce sanctifiante qui nous fait communier à la vie du Christ.

N’appartiennent donc pas au corps de l’Eglise :

  • Les infidèles : juifs, musulmans, idolâtres, païens, qui n’ont pas reçu le Baptême valide, et qui n’ont donc pas la foi (in-fide, sans foi).
  • Les hérétiques : qui croient des doctrines condamnées par l’Eglise (protestants).
  • Les schismatiques : qui rejettent l’autorité du Pape (orthodoxes).
  • Les apostats : qui renient leur baptême et passent à une autre religion
  • Les excommuniés : qui ont reçu une punition officielle de l’Eglise qui les sépare de la communauté en raison d’une faute très grave.

N’appartiennent pas à l’âme de l’Eglise :

  • Les pécheurs mortels : la grâce sanctifiante étant l’unique moyen de salut, tous ceux qui ne l’ont pas ont beau appartenir au corps de l’Eglise, ils ne font pas partie de son âme et ne peuvent pas se sauver s’ils ne retrouvent pas la grâce sanctifiante.

Un péché mortel est une faute grave, qui détruit la vie de Dieu dans notre âme. Pour qu’un péché soit mortel, il faut qu’il porte sur une chose grave, et que la personne le fasse volontairement, tout en sachant que c’est grave.

Attention ! Quand on dit qu’on ne peut pas se sauver si on n’est pas dans l’Eglise, cela ne veut pas dire que tous les non-baptisés vont aller en Enfer ! Sinon, même les justes de l’Ancien testament seraient tous en Enfer, sans aucune possibilité de se sauver.

Il faut comprendre que la grâce sanctifiante, la vie de Dieu en nous, est le seul moyen de salut. Mais certaines personnes ne connaissent pas l’Eglise, qui reste le meilleur moyen et la voie normale d’obtenir cette grâce. Et Dieu qui est juste et miséricordieux ne reprochera pas à quelqu’un de n’avoir pas fait partie de l’Eglise, si cette personne n’en a jamais entendu parler. Si cette personne, de bonne foi, pratique la loi naturelle, et croit en Dieu peut se sauver. Mais tous ceux qui connaissent la vraie religion, qui savent que l’Eglise catholique est la vraie Eglise, sont obligés d’en faire partie, d’accepter ses croyances et de pratiquer ses commandements.