L’Eglise est comme une grande famille, dont nous sommes tous les membres, et le Christ est la tête, le chef de famille. Nous vivons tous dans le Royaume de Dieu. Dans ce royaume, le Chef, le Roi, c'est Dieu Lui-même, Notre-Seigneur Jésus-Christ. C'est Lui qui, comme le père dans une famille, aime ses enfants, les gouverne et prend soin d'eux.
Les trois provinces du Royaume de Dieu

Dans l'immense royaume de Dieu, il y a comme trois provinces, celle du Ciel, celle du purgatoire et celle de la terre, comme nous l’avons vu au dernier cours.
L’Enfer n’est pas une province de ce royaume, car les damnés rejettent la royauté de Jésus-Christ, et sont condamnés à être loin de Dieu pour l’éternité. La communion des Saints englobe tous les anges du Ciel et tous les hommes qui peuvent encore se sauver, ou qui sont déjà parvenus au bonheur du Ciel.
L’Eglise Militante
Nous, nous vivons dans la province de la terre où nous devons travailler pour acquérir les vertus chrétiennes, lutter contre le démon, l'ennemi acharné de notre âme. Dans la province de la terre, par nos sacrifices et nos bonnes actions, nous combattons pour le royaume de Dieu et ainsi nous marchons vers la victoire, pour l'honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Notre récompense, si nous sommes fidèles, sera le bonheur du Ciel. Puisque dans cette province, nous devons lutter, combattre, elle est appelée l'Église militante. Nous sommes les membres de l'Église militante.
L’Eglise Souffrante
Après la mort, les âmes qui sont en état de grâce mais n'ont pas payé toutes leurs dettes envers le Bon Dieu, c'est-à-dire qui n'ont pas expié tous leurs péchés, vont séjourner dans la province du Purgatoire. Là, elles ne combattent plus. Elles ne peuvent plus rien faire pour elles-mêmes ; elles souffrent et sont ainsi purifiées peu à peu. C'est pourquoi cette province est appelée l'Église souffrante.
L’Eglise Triomphante
Les âmes de ceux qui meurent purs de tout péché, sans aucune dette envers le Bon Dieu, et celles qui ont achevé leur purification au Purgatoire, vont vivre définitivement dans la province du
Ciel car c'est là leur vraie patrie. Pays de bonheur, de délices, où il n'y a ni souffrance, ni douleur, ni mort. Les habitants du Ciel vivent perpétuellement en présence du Roi qui comble tous leurs désirs, tous leurs besoins. Ils sont heureux de contempler le Bon Dieu qu'ils voient face à face et ne s'en lassent jamais. Au contraire, c'est là la source de leur bonheur. Ces âmes ont remporté la victoire. C'est pourquoi la province du Ciel est appelée l'Eglise triomphante.
Qu’est-ce que la Communion des Saints ?
Le lien de la Communion des Saints
Enfants de Dieu, nous vivons donc dans son immense royaume qui embrasse la terre, le purgatoire et le Ciel. Nous sommes les enfants d'une même famille et vivons unis les uns aux autres. Quel est le lien qui nous unit ? C'est L'amour de Dieu, la Charité, car tous nous avons reçu le sacrement de Baptême qui nous a donné la grâce sanctifiante. Lorsque nous avons la grâce sanctifiante dans notre âme nous sommes unis au Bon Dieu et à toutes les autres âmes en état de grâce, que la grâce rend saints. C'est ce que nous appelons la Communion des Saints.

Nous pouvons et nous devons nous aider les uns les autres car les trois provinces du royaume de Dieu ne sont pas séparées les unes des autres. Nous ne voyons pas ceux qui sont morts et qui habitent le purgatoire ou le Ciel ! Non, bien sûr, mais il existe un lien puissant, un courant continuel d'entraide qui circule sans cesse entre toutes les âmes en état de grâce. Le bien et les prières que font les unes profitent aux autres même si elles sont dans des « provinces » différentes. Expliquons comment cela est possible.
Dans tout royaume bien organisé, il existe un trésor commun dans lequel on puise pour les besoins de tous. Paternellement, le roi distribue à ses sujets dans la nécessité ce dont ils ont besoin. S'il arrive une inondation par exemple, qui ravage une contrée, les sinistrés viendront puiser dans le trésor afin de réparer les dégâts, rebâtir leurs maisons, etc... Naturellement pour que le trésor ne se vide pas, il est nécessaire que des revenus viennent l'alimenter. Des hommes riches ajoutent au trésor commun les richesses qu'ils possèdent en trop. Il en est de même du royaume de Dieu.
L'Eglise est en possession d'un trésor immense et inépuisable de biens spirituels.
Quels sont ces biens spirituels ?
Ce sont d'abord tous les mérites infinis de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Toutes les actions de Jésus sur la terre, celles de sa vie quotidienne, ses souffrances, sa mort, toutes ont un mérite infini. Vous vous souvenez, n'est-ce pas, que le mérite que nous acquérons par une action faite en état de grâce et par amour pour Dieu nous donne droit à une récompense. Cette récompense sera le bonheur du Ciel et plus nous aurons gagné de mérites, plus notre gloire au Ciel sera grande. Eh bien, les mérites que Jésus a gagnés sur la terre, Il veut nous les appliquer ! Ainsi, Il les dépose pour ainsi dire dans le trésor commun. Et puisque les mérites de Jésus sont sans limite, infinis, le trésor en est continuellement enrichi et ne s'épuisera donc jamais
A ce trésor s'ajoutent aussi les mérites incomparables que la Très Sainte Vierge a obtenus par sa vie sainte, ses héroïques vertus et ses douleurs co-rédemptrices, ainsi que les mérites surabondants des saints et des justes de la terre.
Nous aussi, nous pouvons contribuer au trésor commun par la prière, les sacrifices, la mortification, l'aumône et toutes les bonnes œuvres. Bien entendu, ces bonnes œuvres doivent servir d'abord à payer pour nos propres péchés mais si nous n'avons pas de dettes contractées par nos fautes, une partie de nos mérites sert à augmenter le trésor commun.
Nous pouvons aider aussi ceux que nous aimons, ceux qui souffrent, même s'ils sont à des milliers de kilomètres de nous, même s'ils sont au purgatoire, en puisant pour eux dans le trésor commun.
Imaginons que nous prions pour votre oncle qui s’appelle Edouard. En priant pour oncle Edouard qui souffre, nous pouvons invoquer Saint Edouard, son saint patron. Ce saint a obtenu beaucoup de mérites durant sa vie et il est bien près du Bon Dieu, bien plus près que nous. Puisque nous l'invoquons, il priera le Bon Dieu de consoler votre oncle qui souffre, et Dieu, à cause des mérites de Saint Edouard, exaucera sa prière. Voyez, le bien qu'a fait le saint pendant sa vie, il y a des centaines d'années, profitera à notre oncle. C'est cela puiser dans le trésor commun.
La Messe, centre de la Communion des Saints

Chaque fois que nous assistons à la Sainte Messe, nous pouvons puiser aussi dans le trésor des mérites infinis de Jésus en demandant à Dieu de nous les appliquer à nous-mêmes et à ceux qui souffrent ou qui sont dans le besoin.
Anne, petite fille de 5 ans, a perdu sa grande sœur Marie. Celle-ci était une bonne fille mais pas très fervente. Elle avait probablement une dette à payer au purgatoire. Lorsqu'en pleurant la petite fille demandait sa sœur, ses parents lui montrèrent le Ciel pour la consoler : « Elle est partie là-haut ». Un jour, passant devant un marchand de ballons, Anne supplia sa maman de lui en acheter un, mais dès qu'elle le reçut dans la main, elle le laissa s'envoler et monter vers le ciel. « Mais comment peux-tu être aussi maladroite ? lui reprocha sa maman. A présent, voilà ton beau ballon parti ! » - « Pas du tout, répondit la fillette. Je l'ai envoyé à ma sœur Marie ».
Tout comme cette petite fille, nous pouvons envoyer des choses aux âmes des défunts - non pas des ballons ou des fleurs, ces choses-là ne leur plairaient pas et ne leur seraient d'aucune utilité. En puisant dans le trésor de la communion des saints, nous pouvons leur procurer un soulagement dans leurs souffrances en leur envoyant des messes, des prières, des communions, des mortifications, des bonnes œuvres.
Prenons l'exemple de Sainte Thérèse qui, en allant chez le dentiste, promit d'offrir ses souffrances pour l'âme de son grand-père décédé.
Vous voyez ainsi que nous avons des relations avec toutes les âmes en état de grâce. Elles nous aident par le bien qu'elles font et les prières qu'elles offrent pour nous et nous les aidons de même.
Quand on résiste à une tentation, on aide tous les gens dans le monde qui luttent contre la même tentation. Quand on fait une bonne action, on aide tous les gens qui essaient de faire le bien. Un grand saint disait qu’un démon battu une fois par un fidèle chrétien ne pourrait plus jamais attaquer d’autres hommes. On voit donc l’importance de la lutte contre le diable et ses tentations.
Le catéchisme nous le dit bien :
Nous sommes unis aux saints du Ciel par les prières que nous leur faisons et les grâces qu'ils nous obtiennent de Dieu et les bons exemples qu'ils nous laissent.
Nous sommes unis aux âmes du purgatoire par les prières et les bonnes œuvres que nous offrons à Dieu pour leur soulagement.
Les fidèles de la terre sont unis entre eux parce que chacun profite des prières et des mérites de tous.
La prière du « Notre Père » en est un bel exemple. Nous demandons pour nous mais aussi pour les autres : c'est pourquoi nous disons « Notre Père ... donnez-nous... pardonnez-nous », etc.
Remercions donc Dieu d'avoir fait les choses ainsi car nous ne sommes pas seuls dans la lutte pour gagner le Ciel, pour nous corriger de nos vilains défauts. Des millions d'âmes nous aident par le bien fait pour l'amour de Dieu pendant leur vie. Prenons donc la résolution d'invoquer les saints, de prier pour les âmes du purgatoire. Pensons aussi que les mérites que nous acquérons profitent à tous.
